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Le plomb dans les bâtiments : où le trouver, ce que dit la règle

Peintures anciennes, boiseries, conduites et robinetterie : le plomb peut se loger à plusieurs endroits d'un immeuble ancien. Voici les repères officiels et la démarche pour faire examiner votre bâtiment.

Mis à jour le 3 novembre 2026 · sources en fin de page

Rubrique
Zone couverte
Genève, Vaud, Valais, Neuchâtel, Fribourg, Jura
Peintures
0,01 % en masse (100 mg/kg) au plus (ORRChim, état du 16 juillet 2026)
Eau potable
5 µg/l au plus, transition de 5 à 10 µg/l (OPBD, en vigueur depuis le 1er août 2026)
Conduites d'eau en plomb
Interdites depuis 1904 (SSIGE)
Illustration pour la page « accueil »
Photo d'illustration

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Le plomb est un métal que l'on a longtemps utilisé dans la construction : dans les pigments des peintures, dans certains accessoires de menuiserie et dans les conduites d'eau. Dans un bâtiment ancien, il ne se voit pas : il se déduit de l'époque de construction, des rénovations successives et, au besoin, d'une mesure faite par un spécialiste. Cette page pose les repères pour comprendre où il peut se trouver et ce que disent les textes officiels. Le site ne réalise aucun diagnostic lui-même : nous vous mettons en contact avec un spécialiste du diagnostic de votre région.

Pourquoi le plomb se retrouve dans les bâtiments

Le plomb se travaille facilement et résiste à la corrosion. Ces qualités l'ont rendu populaire pour les canalisations. Dans les peintures, des composés de plomb servaient de pigments et de siccatifs. Le bâtiment qui en résulte n'est pas un danger en soi : c'est lorsque la matière se dégrade, se transforme en poussière ou en écailles, ou lorsqu'elle passe dans l'eau, qu'une exposition devient possible.

Trois repères de dates, donnés par les autorités et les associations professionnelles, aident à situer un immeuble :

  • selon l'OFSP et l'OSAV, les peintures au plomb à l'eau et à la colle sont interdites depuis 1926 ;
  • selon la Suva et l'État de Genève, les peintures au plomb sont interdites depuis 2005 ;
  • selon la SSIGE, le plomb est interdit dans les conduites d'eau depuis 1904.

Ces années ne signifient pas qu'un bâtiment plus récent est exempt de plomb, ni qu'un bâtiment plus ancien en contient forcément. Elles disent seulement quand l'usage a été encadré. Une couche posée avant l'interdiction peut très bien subsister sous plusieurs couches plus récentes.

Où le plomb peut se trouver : le plan en coupe

Pour s'y retrouver, il est utile de parcourir l'immeuble du haut en bas. Le schéma ci-dessous montre les zones à examiner en priorité dans un bâtiment ancien.

Où le plomb peut se trouver dans un immeuble ancien
Où le plomb peut se trouver dans un immeuble ancien

Ce découpage n'est qu'une grille de lecture. Chaque bâtiment a son histoire, et seul un repérage sur place permet de dire ce qu'il contient.

Les peintures et les boiseries

C'est le premier endroit où l'on pense au plomb dans un logement. Les peintures anciennes, surtout sur les boiseries, les fenêtres, les portes, les volets et les éléments métalliques, peuvent en contenir. Pour en savoir plus sur les produits d'époque, consultez nos pages consacrées à la peinture au plomb, à la céruse et au minium et aux fenêtres et boiseries anciennes.

Une peinture intacte et bien recouverte pose généralement peu de questions tant qu'on n'y touche pas. Les situations qui appellent la vigilance sont les surfaces écaillées, farineuses ou usées par le frottement (battants de fenêtre, seuils, marches), ainsi que tous les travaux qui les touchent : ponçage, décapage, démolition, perçage. Ces gestes produisent de la poussière fine, que l'on retrouve ensuite dans le logement. C'est la raison pour laquelle les autorités déconseillent de poncer, de décaper à chaud ou de gratter soi-même une peinture suspecte : mieux vaut faire examiner le support avant d'intervenir. Sur ce point, voyez aussi la page consacrée aux poussières de plomb.

Ce que dit la règle fédérale

L'ordonnance sur la réduction des risques liés aux produits chimiques (ORRChim, RS 814.81, annexe 2.8 ; annexe 2.16 ch. 3ter) fixe pour les peintures un seuil de 0,01 % en masse, soit 100 mg/kg, et de 0,05 % pour les objets. Ces valeurs, dans l'état du 16 juillet 2026, s'appliquent aux produits mis sur le marché. Des versions futures du texte sont annoncées pour le 1er décembre 2026, puis pour le 1er janvier 2027. Cette règle vise les produits ; elle ne dit pas, à elle seule, ce qu'un propriétaire doit faire d'une peinture ancienne déjà posée.

Ce que disent certains cantons

Les cantons n'ont pas tous la même approche, et plusieurs documents sont des recommandations, non des obligations :

  • à Genève, une recommandation de l'État invite à une remise en état rapide des peintures fortement dégradées, même sous 500 µg/cm², lorsque des enfants de moins de 7 ans vivent dans les lieux ;
  • à Neuchâtel, la notice du SENE, qui n'est pas une loi, précise la méthode pour les peintures d'avant 2006 : fluorescence X sur la raie K et tableau de concentrations surfaciques. Elle prévoit des mesures de protection des travailleurs dès 0,5 mg/cm².

Si votre bâtiment est situé dans un autre canton romand, la démarche reste la même : le spécialiste que vous contactez connaît les usages locaux.

Les conduites d'eau et la robinetterie

Le second grand sujet est l'eau potable. Selon la SSIGE, le plomb est interdit dans les conduites d'eau depuis 1904, mais des tronçons anciens peuvent subsister dans certains immeubles, en particulier au raccordement ou dans des parties peu remaniées. La robinetterie ancienne ou certaines pièces de raccord peuvent aussi libérer du plomb dans l'eau. Les pages dédiées détaillent le sujet : le plomb dans l'eau, les conduites en plomb et la manière de reconnaître une conduite en plomb.

La valeur maximale en vigueur

L'ordonnance du DFI sur l'eau potable (OPBD, RS 817.022.11, annexe 2 ch. 1 ; art. 16a ; art. 2, 4 et 5) fixe à 5 µg/l la valeur maximale pour le plomb dans l'eau potable. Un régime de transition de 5 à 10 µg/l s'applique jusqu'au 31 janvier 2036. Ces dispositions sont en vigueur depuis le 1er août 2026 et la mesure se fait aux points de prélèvement des installations domestiques.

Selon les explications de l'OSAV du 19 juin 2026, la mesure se fait au robinet de l'installation domestique, sur un échantillon d'un litre prélevé sans purge préalable.

Réseau ou installation domestique ?

L'OPBD (art. 2, let. c, d, f et g) distingue le réseau, qui s'arrête à l'interface avec les installations domestiques, et les installations domestiques, qui comprennent les conduites internes, la robinetterie et l'amenée domestique. L'emplacement concret de cette interface n'est pas précisé dans le texte. En pratique, la question de savoir qui est responsable d'un tronçon se règle au cas par cas, avec le distributeur d'eau et le propriétaire.

Faut-il remplacer une conduite en plomb ?

Nous n'avons pas trouvé d'obligation fédérale de remplacer une conduite en plomb : l'OPBD fixe seulement une valeur, et selon l'OSAV, la seule mesure mentionnée en cas de dépassement est le changement de la robinetterie. Cela ne dispense pas de s'informer : une analyse de l'eau et un repérage des conduites permettent de savoir où vous en êtes. Voyez aussi les pages sur la robinetterie et sur l'usage de l'eau du robinet.

Plomb et santé : un renvoi vers les médecins

Le plomb est une substance dont l'absorption répétée peut affecter la santé ; les enfants et les femmes enceintes font l'objet d'une attention particulière de la part des autorités. Ce site n'est pas une source médicale et ne pose aucun diagnostic. Toute inquiétude sur un état de santé, une exposition possible ou une intoxication (le saturnisme) se discute avec votre médecin traitant ou avec le médecin cantonal. Pour comprendre les notions, vous pouvez consulter les pages plomb et santé, saturnisme, enfants et plomb, grossesse et plomb et plombémie.

Comment savoir si votre bâtiment est concerné

La première étape est documentaire : année de construction, rénovations connues, nature des travaux prévus. Une liste de questions simples aide à s'orienter.

  • Noter l'année de construction et les rénovations connues
  • Repérer les peintures anciennes en mauvais état (écailles, farinage, usure)
  • Identifier les travaux prévus : ponçage, décapage, démolition, remplacement de conduites
  • Observer l'arrivée d'eau et les conduites visibles à la cave
  • Rassembler les plans, les rapports de rénovation et les factures de travaux anciens
  • Demander le diagnostic avant le début d'un chantier, pas après

L'outil Mon bâtiment est-il concerné ? vous propose un premier tri en quelques questions. Pour un projet précis, Quel diagnostic pour mon projet ? indique le type de repérage à demander, et le calendrier de chantier aide à placer le diagnostic avant les travaux.

Du doute au rapport : la démarche

Un diagnostic se déroule en quelques étapes, toujours dans le même ordre. Il commence par la description du bâtiment, se poursuit par un repérage sur place, des prélèvements si nécessaire, une analyse en laboratoire, puis un rapport.

Du doute au rapport de diagnostic
Du doute au rapport de diagnostic

Pour comprendre les différentes formes d'examen, consultez la page Le diagnostic et celle consacrée à l'analyse en laboratoire. Si le diagnostic révèle du plomb, la suite est décrite dans la rubrique Après le diagnostic.

Ce qui fait varier un devis

Ce site n'affiche aucun prix, car le coût dépend de chaque situation. Le devis que vous recevrez de la part d'un spécialiste dépend notamment :

  • du type et de la surface du bâtiment ;
  • du nombre de pièces ou de logements, et de la présence de parties communes ;
  • de l'année de construction ;
  • des éléments à examiner (peintures, boiseries, conduites, robinetterie) ;
  • du nombre de prélèvements et d'analyses ;
  • de l'accès aux locaux ;
  • de l'urgence d'un chantier prévu.

La question de savoir qui paie (propriétaire, bailleur, maître d'ouvrage) dépend de votre situation et du contrat : aucun fait officiel fourni ici ne la tranche, et nous préférons ne pas l'affirmer. La demande de devis est sans engagement ; la page Comment ça marche décrit la mise en contact.

Questions fréquentes

Pourquoi y a-t-il du plomb dans certains bâtiments anciens ?

Parce qu'il a longtemps été employé dans les pigments de peinture et dans les conduites d'eau. Un bâtiment ancien peut donc en contenir encore, notamment sous des couches de peinture plus récentes.

Mon immeuble contient-il forcément du plomb ?

Non. Tout dépend de l'époque de construction, des rénovations et des matériaux posés. Seul un repérage sur place permet de répondre pour votre immeuble.

Depuis quand les peintures au plomb sont-elles interdites ?

Selon l'OFSP et l'OSAV, les peintures au plomb à l'eau et à la colle sont interdites depuis 1926. Selon la Suva et l'État de Genève, les peintures au plomb sont interdites depuis 2005.

Une peinture récente peut-elle recouvrir une couche ancienne au plomb ?

Oui. Les couches successives se superposent, et la plus ancienne reste sous les suivantes. C'est pourquoi un examen se fait sur place, avant tout travail sur la surface.

Quel est le seuil légal de plomb dans une peinture ?

L'ORRChim fixe un seuil de 0,01 % en masse, soit 100 mg/kg, pour les peintures, et de 0,05 % pour les objets, dans l'état du 16 juillet 2026. Cette règle vise les produits mis sur le marché.

Cette règle oblige-t-elle à enlever une peinture ancienne ?

Pas à elle seule. Le seuil de l'ORRChim concerne les produits ; il ne dit pas ce qu'un propriétaire doit faire d'une peinture déjà posée. Un spécialiste vous aide à juger la situation.

Une peinture au plomb intacte est-elle un problème ?

Les autorités attirent surtout l'attention sur les surfaces dégradées et sur les travaux qui les touchent. Une peinture intacte et recouverte pose en général moins de questions, mais un examen reste utile avant des travaux.

Puis-je poncer ou gratter moi-même une vieille peinture ?

Non, les autorités le déconseillent, car ces gestes produisent de la poussière fine. Faites d'abord examiner le support par un spécialiste.

Quels éléments d'un logement faut-il regarder en premier ?

Les boiseries, fenêtres, portes, volets et éléments métalliques peints, puis les installations d'eau. Les surfaces écaillées ou usées par le frottement demandent un regard plus attentif.

Que recommande Genève pour les peintures dégradées ?

L'État de Genève recommande, sans l'imposer, une remise en état rapide des peintures fortement dégradées, même sous 500 µg/cm², lorsque des enfants de moins de 7 ans vivent dans les lieux.

Que précise la notice neuchâteloise ?

La notice du SENE, qui n'est pas une loi, traite des peintures d'avant 2006 : fluorescence X sur la raie K et tableau de concentrations surfaciques. Elle prévoit des mesures de protection des travailleurs dès 0,5 mg/cm².

Les autres cantons romands ont-ils leurs propres règles ?

Chaque canton a ses pratiques et ses documents. Le spécialiste de votre région les connaît ; vous n'avez pas à les chercher seul.

Depuis quand le plomb est-il interdit dans les conduites d'eau ?

Selon la SSIGE, depuis 1904. Des tronçons plus anciens peuvent toutefois subsister dans certains immeubles.

Quelle est la valeur maximale de plomb dans l'eau potable ?

L'OPBD fixe 5 µg/l, avec un régime de transition de 5 à 10 µg/l jusqu'au 31 janvier 2036. Ces dispositions sont en vigueur depuis le 1er août 2026.

Où mesure-t-on le plomb dans l'eau ?

Selon les explications de l'OSAV du 19 juin 2026, au robinet de l'installation domestique, sur un échantillon d'un litre prélevé sans purge préalable.

Qui est responsable : le réseau ou l'installation domestique ?

L'OPBD place l'interface entre le réseau et les installations domestiques, mais n'en précise pas l'emplacement concret. La question se règle au cas par cas avec le distributeur d'eau et le propriétaire.

Suis-je obligé de remplacer une conduite en plomb ?

Nous n'avons pas trouvé d'obligation fédérale en ce sens. L'OPBD fixe seulement une valeur, et selon l'OSAV, la seule mesure mentionnée en cas de dépassement est le changement de la robinetterie.

La robinetterie peut-elle être concernée ?

Oui, elle fait partie des installations domestiques au sens de l'OPBD. En cas de dépassement de la valeur, son changement est la mesure citée par l'OSAV.

Le plomb est-il dangereux pour la santé ?

L'exposition répétée au plomb peut affecter la santé, et les autorités portent une attention particulière aux enfants et aux femmes enceintes. Ce site ne donne aucun conseil médical : parlez-en à votre médecin.

Que faire en cas d'inquiétude pour la santé d'un enfant ?

Contactez votre médecin traitant ou le médecin cantonal. Lui seul peut apprécier une situation individuelle et décider d'un examen.

Qu'est-ce que le saturnisme ?

C'est le nom de l'intoxication au plomb. Cette page n'en décrit ni les signes ni le traitement : adressez-vous à un médecin. Notre page saturnisme en explique les notions générales.

Quand faut-il demander un diagnostic ?

Avant des travaux qui touchent des peintures ou des conduites anciennes, lors d'un achat ou d'une rénovation d'un immeuble ancien, ou dès qu'un doute demande une réponse documentée.

Qui réalise le diagnostic ?

Un spécialiste, qui repère les éléments à examiner, effectue les prélèvements et les envoie à un laboratoire. Ce site ne réalise rien lui-même : il vous met en contact avec un spécialiste de votre région.

Un rapport de diagnostic garantit-il l'absence totale de plomb ?

Non. Il décrit ce qui a été examiné à une date donnée, sur les éléments étudiés. Aucun résultat ne se garantit au-delà de ce périmètre.

Comment demander un devis ?

Décrivez votre bâtiment et votre projet dans la demande de devis. La demande est sans engagement et sert à vous mettre en contact avec un spécialiste adapté.

Le devis dépend-il de la taille du bâtiment ?

Oui, comme du nombre de pièces ou de logements, de l'année de construction, des éléments à examiner, du nombre de prélèvements, de l'accès et de l'urgence d'un chantier prévu.

Sources

Pour aller plus loin

Faire mesurer avant d’agir

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  1. l’adresse et le canton du bâtiment ;
  2. son année de construction, si vous la connaissez ;
  3. les surfaces concernées (toute la maison, quelques pièces, une façade, une conduite) ;
  4. le but du diagnostic : chantier, démolition, vente, location, eau ;
  5. le délai souhaité, et si un chantier est déjà en cours ou à l’arrêt ;
  6. les contraintes d’accès : hauteur, local occupé, échafaudage.

Plus ces informations sont précises, moins l’entreprise aura de questions à poser. Le formulaire est le seul moyen de contact du site.

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