Plomb et enfants : comprendre les risques dans un bâtiment ancien
Les jeunes enfants absorbent le plomb plus facilement que les adultes. Voici ce que disent l'OFSP et l'OMS, où se situent les sources dans un logement et comment faire diagnostiquer un bâtiment.
Mis à jour le 3 novembre 2026 · sources en fin de page
Guide- Public concerné
- Jeunes enfants vivant ou jouant dans un bâtiment ancien
- Absorption digestive
- Jusqu'à 50 % chez les petits enfants (OFSP)
- Repère d'action OMS
- 5 µg/dL de sang (50 µg/l) (OMS)
- Recommandation genevoise
- Remise en état rapide des peintures fortement dégradées (État de Genève)

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Décrire mon bâtimentPourquoi on parle des enfants en premier
Quand on évoque le plomb dans un bâtiment, les autorités sanitaires ramènent presque toujours la discussion vers les enfants. La raison n'est pas que le plomb serait inoffensif pour les adultes. Elle tient à la manière dont un petit enfant vit dans un logement : il rampe, touche le sol, les rebords de fenêtre et les boiseries, puis porte les mains à la bouche. Il pèse aussi bien moins qu'un adulte, de sorte qu'une même quantité de poussière ingérée pèse davantage dans son organisme.
Cette page explique ce que disent les sources officielles sur ce sujet, où le plomb peut se trouver dans un logement ancien et comment s'organise une démarche sérieuse : comprendre, faire examiner le bâtiment, puis décider avec un spécialiste. Elle ne remplace pas l'avis d'un médecin. Pour toute question sur la santé d'un enfant, le médecin traitant ou le médecin cantonal sont les interlocuteurs à contacter.
Le site Diagnostic Plomb ne réalise aucun diagnostic lui-même : il explique et met en contact avec un spécialiste de votre région. Pour situer le sujet dans son ensemble, vous pouvez commencer par la page le plomb dans les bâtiments.
Ce que disent l'OFSP et l'OMS
L'absorption chez le petit enfant
Selon l'OFSP, le taux d'absorption digestive du plomb chez les petits enfants peut aller jusqu'à 50 %. Cette indication vient de la fiche d'information de l'office fédéral et doit être lue comme un maximum, pas comme une règle valable pour chaque enfant ni pour chaque situation. Elle suffit pourtant à expliquer pourquoi les autorités prêtent une attention particulière aux plus jeunes : une part importante de ce qu'ils avalent peut passer dans l'organisme.
Le repère de l'OMS
De son côté, l'OMS formule les choses autrement. Elle retient un repère d'action de plombémie de 5 µg/dL, ce qui correspond à 50 µg/l. La plombémie est la concentration de plomb dans le sang ; vous trouverez la notion expliquée sur la page la plombémie. L'OMS associe par ailleurs une plombémie de 3.5 µg/dL à une baisse d'intelligence chez l'enfant. Ces deux valeurs ne s'interprètent pas à la maison : seul un médecin peut lire un résultat d'analyse et en tirer quelque chose pour une personne précise.
Une autre manière de regarder le risque
L'EFSA, citée par l'OFSP, retient un seuil critique de plombémie de 13 µg/l (ce qui équivaut à 13 ng/mL). L'OFSP a aussi relevé, pour 2020 et 2021, une médiane de plombémie de 13 µg/l, mesurée sur 269 femmes à Berne et dans le canton de Vaud. Ce dernier chiffre décrit un groupe de femmes, pas des enfants : il sert seulement à situer l'ordre de grandeur de ce qui se mesure dans la population en Suisse, et il ne permet de conclure sur aucun cas particulier.
Le tableau suivant résume les repères cités ci-dessus, sans les mélanger.
| Repère | Source | Ce qu'il décrit |
|---|---|---|
| Jusqu'à 50 % | OFSP | Absorption digestive chez les petits enfants |
| 5 µg/dL (50 µg/l) | OMS | Repère d'action pour la plombémie |
| 3.5 µg/dL | OMS | Plombémie associée à une baisse d'intelligence chez l'enfant |
| 13 µg/l | EFSA, via l'OFSP | Seuil critique de plombémie |
| 13 µg/l | OFSP | Médiane 2020/2021, 269 femmes, Berne et Vaud |
Les unités diffèrent d'une source à l'autre (µg/dL d'un côté, µg/l de l'autre). Il ne faut donc jamais comparer deux chiffres sans vérifier l'unité. Le schéma ci-dessous place côte à côte la lecture de l'OFSP et celle de l'OMS, de façon qualitative.
Où le plomb peut se trouver dans un logement
Les peintures anciennes
La source la plus souvent évoquée dans un bâtiment ancien est la peinture. Une peinture qui contient du plomb et qui reste intacte pose peu de difficultés. Le souci vient lorsqu'elle s'écaille, se farine ou se fissure : elle libère alors des écailles et des poussières fines. Le sujet est détaillé sur la page peinture au plomb.
Le canton de Genève formule à ce propos une recommandation, et non une obligation : remettre rapidement en état les peintures fortement dégradées, même lorsque la mesure reste sous 500 µg/cm², là où vivent des enfants de moins de 7 ans. Cette précision montre que les autorités genevoises traitent la présence d'enfants comme un critère propre, indépendant du seul niveau mesuré.
Les poussières domestiques
Les enfants ne mangent pas la peinture : ils avalent surtout de la poussière. Celle-ci se dépose sur le sol, sur les rebords de fenêtre et sur les jouets. Un frottement répété, par exemple une fenêtre ancienne qui coulisse dans son cadre peint, peut en produire. Un chantier qui ponce ou gratte de vieilles couches en produit beaucoup. Le thème est repris dans la page les poussières de plomb.
Les autres éléments d'un bâtiment
Selon l'année de construction et l'histoire du bâtiment, d'autres éléments peuvent contenir du plomb : certaines conduites d'eau, de la robinetterie, des éléments de toiture ou de façade, des soudures. Leur présence n'est jamais certaine sans examen. C'est précisément le rôle d'un diagnostic : repérer, prélever si nécessaire et faire analyser en laboratoire, plutôt que de supposer.
Ce qui est déconseillé de faire soi-même
Face à une peinture suspecte, le réflexe est parfois de poncer, de brûler ou de décaper. Les autorités le déconseillent, parce que ces gestes mettent en suspension exactement les poussières qui préoccupent le plus pour les jeunes enfants. Avant tout geste de ce type, la bonne séquence est la suivante :
- identifier si le bâtiment est concerné ;
- faire réaliser un repérage par un spécialiste ;
- n'engager les travaux qu'après le résultat et avec des mesures de protection adaptées.
Pour une première orientation, l'outil mon bâtiment est-il concerné vous aide à situer votre cas. Il ne remplace pas un diagnostic.
Gestes de bon sens au quotidien
Ces gestes relèvent de l'hygiène domestique ordinaire. Ils ne constituent ni un traitement ni un conseil médical.
- Garder les peintures et boiseries en bon état, sans écailles accessibles aux enfants
- Nettoyer les surfaces à l'humide plutôt que de balayer à sec
- Laver les mains des enfants avant les repas et avant la sieste
- Éloigner les enfants de toute zone en rénovation tant que le travail n'est pas terminé
- Signaler à la régie ou à la gérance toute peinture qui s'effrite
- Noter l'année de construction du bâtiment et les rénovations connues
Ce que le droit fédéral dit, et ne dit pas
Un lecteur attentif peut s'étonner de l'absence du plomb dans certains textes. Les faits suivants sont des constats de lecture, pas des jugements.
- L'ordonnance du DFI sur la déclaration d'observations cliniques (RS 818.101.126) ne contient aucune occurrence des mots « plomb », « saturnisme » ou « Blei » dans son texte entier (état au 06.05.2026).
- L'ordonnance sur la protection de la maternité (RS 822.111.52, art. 13) exige le respect des valeurs limites de la liste Suva, sans nommer le plomb (état au 01.07.2015).
- L'ordonnance sur les travaux dangereux pour les jeunes (RS 822.115.2, art. 6) vise les travaux avec des substances à phrases H, sans nommer le plomb (état au 01.01.2023).
Le texte du premier signifie que le saturnisme ne figure pas dans la liste nominative des observations cliniques à déclarer. Il ne dit rien de la gravité du problème. Pour comprendre la notion, la page le saturnisme en donne une présentation générale ; elle renvoie elle aussi au médecin.
Quand demander un diagnostic
Un diagnostic se justifie surtout dans trois situations : un bâtiment ancien où vivent de jeunes enfants, un chantier prévu qui touchera des peintures ou des éléments anciens, et un doute sur l'état de surfaces déjà dégradées. Une famille locataire s'adressera d'abord à la régie ou à la gérance ; un propriétaire peut agir directement.
Le coût d'un diagnostic ne se chiffre pas à l'avance, car il dépend de critères précis : type et surface du bâtiment, nombre de pièces ou de logements, année de construction, éléments à examiner, nombre de prélèvements et d'analyses, accès aux lieux et urgence d'un éventuel chantier. Pour obtenir un devis adapté, il suffit de demander un devis gratuit et sans engagement : nous vous mettons en contact avec un spécialiste de votre région.
Questions fréquentes
Pourquoi les enfants sont-ils plus exposés que les adultes ?
Ils vivent près du sol, touchent beaucoup de surfaces et portent souvent les mains à la bouche. Selon l'OFSP, leur taux d'absorption digestive peut aller jusqu'à 50 %.
Un logement ancien contient-il forcément du plomb ?
Non. Un âge élevé rend la présence possible, pas certaine. Seul un repérage suivi d'analyses permet de le dire pour un bâtiment donné.
Une peinture au plomb intacte est-elle dangereuse pour un enfant ?
Le problème vient surtout de la dégradation : écailles, farinage et poussières. Une surface en bon état pose moins de difficultés, mais elle doit être surveillée et ne jamais être poncée à la légère.
Que dit l'OMS sur la plombémie des enfants ?
L'OMS retient un repère d'action de 5 µg/dL (50 µg/l) et associe une plombémie de 3.5 µg/dL à une baisse d'intelligence chez l'enfant. Ces valeurs se lisent avec un médecin.
Mon enfant doit-il faire une prise de sang ?
Seul un médecin peut en décider, selon la situation de l'enfant. Cette page ne donne aucun conseil médical : consultez le médecin traitant ou le médecin cantonal.
Puis-je poncer ou décaper moi-même une vieille peinture ?
Les autorités le déconseillent, car ces gestes produisent des poussières fines. Mieux vaut faire examiner la peinture avant tout travail.
Quelle est la recommandation de Genève pour les enfants ?
Genève recommande, sans l'imposer, de remettre rapidement en état les peintures fortement dégradées, même sous 500 µg/cm², là où vivent des enfants de moins de 7 ans.
Le saturnisme est-il une maladie à déclaration obligatoire ?
Le texte de l'ordonnance du DFI sur la déclaration d'observations cliniques ne contient aucune occurrence des mots « plomb » ou « saturnisme » (état au 06.05.2026). Pour toute question de santé, adressez-vous à un médecin.
Locataire, à qui dois-je m'adresser en cas de peinture qui s'écaille ?
À la régie ou à la gérance, par écrit, en décrivant l'état constaté et la présence d'enfants. Datez vos observations.
Qui prend en charge le diagnostic ?
La question dépend de la situation : propriétaire, bailleur ou maître d'ouvrage selon le cas. Elle se règle avec la régie ou le propriétaire, et un spécialiste peut préciser ce qu'il faut examiner.
Le diagnostic garantit-il que mon logement est sans plomb ?
Non. Il décrit ce qui a été repéré et analysé à un moment donné, sur les éléments examinés. Il ne délivre aucune certification générale.
Comment obtenir un spécialiste près de chez moi ?
Passez par la page de demande de devis : le site vous met en contact avec un spécialiste de votre région, sans engagement.
Sources
- Ordonnance du DFI sur la déclaration d'observations cliniques (RS 818.101.126) : fedlex.data.admin.ch
- Ordonnance sur la protection de la maternité (RS 822.111.52, art. 13) : fedlex.data.admin.ch
- Ordonnance sur les travaux dangereux pour les jeunes (RS 822.115.2, art. 6) : fedlex.data.admin.ch
- État de Genève, recommandation sur les peintures dégradées : ge.ch
Pages voisines
Faire mesurer avant d’agir
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- l’adresse et le canton du bâtiment ;
- son année de construction, si vous la connaissez ;
- les surfaces concernées (toute la maison, quelques pièces, une façade, une conduite) ;
- le but du diagnostic : chantier, démolition, vente, location, eau ;
- le délai souhaité, et si un chantier est déjà en cours ou à l’arrêt ;
- les contraintes d’accès : hauteur, local occupé, échafaudage.
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