Où trouve-t-on du plomb dans une maison ?
Le plomb peut se trouver dans des peintures anciennes et dans les installations d'eau. Voici les zones d'une maison à faire vérifier, ce que disent les textes officiels et comment demander un diagnostic.
Mis à jour le 3 novembre 2026 · sources en fin de page
Guide
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Décrire mon bâtimentVous possédez ou gérez une maison, un immeuble, ou vous y habitez, et vous vous demandez où le plomb pourrait s'y cacher. La question est légitime, surtout avant des travaux. Cette page ne pose aucun diagnostic à distance : elle vous donne une carte des zones à regarder, explique ce que disent les sources officielles et vous indique comment faire examiner le bâtiment par un spécialiste de votre région.
Le plomb n'est pas visible à l'œil nu. Une peinture ancienne en bon état ne ressemble pas à une peinture moderne, mais rien ne permet de conclure sans mesure. Seul un repérage sur place, parfois accompagné de prélèvements analysés en laboratoire, établit la présence ou l'absence de plomb. C'est pourquoi on parle de « zones à faire vérifier » plutôt que de zones « contaminées ».
Une carte simple de la maison
Le schéma ci-dessous regroupe les zones qu'un spécialiste examine en priorité dans une maison ancienne : les ouvertures, les surfaces peintes de la circulation intérieure, les radiateurs et le circuit d'eau.
Ce plan est un guide de lecture, pas une liste exhaustive. Le spécialiste adapte son repérage à l'âge du bâtiment, à son histoire et aux travaux que vous prévoyez.
Les peintures anciennes : la piste principale
Les sources officielles suisses citent les peintures comme première piste. L'OFSP et l'OSAV indiquent que les peintures au plomb à l'eau et à la colle sont interdites depuis 1926. L'interdiction des peintures au plomb en général est rapportée pour l'année 2005 par la Suva et par l'État de Genève. Entre ces deux repères, un bâtiment peut avoir reçu des peintures dont la composition n'est plus autorisée aujourd'hui.
Aujourd'hui, l'ordonnance fédérale sur la réduction des risques liés aux produits chimiques (ORRChim, RS 814.81, annexe 2.8), dans son état du 16 juillet 2026, fixe un seuil légal pour les peintures : 0,01 % en masse, soit 100 mg/kg. Pour les objets, la même ordonnance (annexe 2.16, chiffre 3ter) retient 0,05 %. Des versions futures du texte sont annoncées pour le 1er décembre 2026, puis le 1er janvier 2027 ; il vaut donc la peine de consulter la version en vigueur au moment de votre projet.
Ces seuils concernent les produits mis sur le marché. Ils ne disent pas ce qu'une couche posée il y a longtemps contient : cela se mesure sur place.
Pour approfondir cette piste, lisez la page consacrée à la peinture au plomb et celle qui explique comment reconnaître une peinture au plomb.
Fenêtres et boiseries
Les fenêtres cumulent plusieurs facteurs : elles sont repeintes régulièrement, elles s'ouvrent et se ferment, et leurs surfaces frottent. Un diagnostic examine donc les cadres, les battants, les appuis et les boiseries qui les entourent. Si votre bâtiment date d'avant les interdictions citées plus haut, ce sont des éléments à faire vérifier avant tout remplacement ou rénovation. Le sujet est détaillé sur la page fenêtres et boiseries.
Portes et huisseries
Les portes intérieures et d'entrée, leurs encadrements et leurs huisseries ont souvent reçu plusieurs couches successives. Le spécialiste distingue ce qui se trouve en surface de ce qui se cache dessous : une couche récente peut recouvrir une couche plus ancienne. C'est l'un des motifs pour lesquels l'apparence d'une porte ne renseigne pas sur sa composition.
Radiateurs
Les radiateurs et leurs tuyauteries apparentes sont peints, parfois à de nombreuses reprises. Ils chauffent et refroidissent, ce qui peut faire vieillir une peinture. Le repérage les inclut dans les surfaces à examiner, au même titre que les murs voisins.
Cage d'escalier et parties communes
Dans un immeuble ou une copropriété (PPE), la cage d'escalier réunit beaucoup de surfaces peintes : murs, plafonds, rampes, main courante, portes palières. Ce sont des parties communes : la décision d'un diagnostic revient alors à la régie, à la gérance ou à l'assemblée de la PPE, et non à un seul occupant. Un locataire qui s'interroge peut commencer par écrire à la gérance.
Le plomb dans l'eau : une autre famille de zones
Le plomb ne concerne pas que les peintures. Dans une maison, il peut aussi se trouver dans le circuit d'eau potable. La SSIGE rapporte que le plomb est interdit dans les conduites d'eau depuis 1904. Un bâtiment ancien peut cependant comporter des installations de différentes époques, et seul un repérage permet de savoir ce qui est en place.
Arrivée d'eau, conduites et robinetterie
L'ordonnance sur l'eau potable (OPBD, RS 817.022.11, art. 2) distingue le réseau, qui s'arrête à l'interface avec les installations domestiques, et les installations domestiques elles-mêmes : conduites internes, robinetterie et amenée domestique. L'emplacement concret de cette interface n'est pas précisé dans le texte. Dans la pratique, il est donc utile de savoir ce qui relève de la distribution publique et ce qui relève de votre bâtiment.
Concernant la valeur à respecter, l'OPBD (annexe 2, chiffre 1) fixe un maximum de 5 µg/l pour le plomb dans l'eau potable, en vigueur depuis le 1er août 2026. Un régime de transition de 5 à 10 µg/l s'applique jusqu'au 31 janvier 2036. La mesure se fait aux points de prélèvement des installations domestiques ; selon l'OSAV (explications du 19 juin 2026), elle porte sur un échantillon d'un litre, prélevé au robinet sans purge préalable.
Un point mérite d'être dit clairement : nous n'avons trouvé, dans les sources consultées, aucune obligation de remplacer une conduite en plomb. L'OPBD fixe une valeur, et l'OSAV indique que la seule mesure prévue en cas de dépassement est de changer la robinetterie. Pour la suite de ce sujet, consultez la page le plomb dans l'eau et, le moment venu, celle sur les conduites en plomb.
Ce que dit la règle selon votre canton
La Suisse romande compte six cantons couverts par ce site, et leurs documents ne disent pas tous la même chose. Deux exemples tirés des sources officielles :
- Genève : une recommandation, qui n'est pas une obligation, invite à remettre rapidement en état les peintures fortement dégradées, même sous 500 µg/cm², lorsque des enfants de moins de sept ans vivent dans le logement.
- Neuchâtel : la notice du service de l'énergie et de l'environnement (SENE) n'est pas une loi. Elle précise que, pour les peintures d'avant 2006, la mesure se fait par fluorescence X (raie K), avec un tableau de concentrations surfaciques, et que des mesures de protection des travailleurs s'appliquent dès 0,5 mg/cm².
Pour les autres cantons, rien dans les faits retenus ici ne permet d'écrire une règle précise : un spécialiste de votre région vous renseignera sur les exigences locales.
Pourquoi ne pas intervenir soi-même
Face à une peinture suspecte, le réflexe est parfois de la poncer, de la brûler ou de la décaper. Les autorités déconseillent ces gestes sur une peinture dont la composition n'est pas connue : ils produisent des poussières et des résidus qu'il vaut mieux éviter de répandre. Le bon ordre est d'abord de faire vérifier, ensuite de décider des travaux. Un diagnostic avant chantier protège aussi les personnes qui interviennent ensuite.
Ce site n'est pas un service de santé. Pour toute question sur les effets du plomb sur une personne, adressez-vous à votre médecin traitant ou au médecin cantonal. Les pages plomb et santé et saturnisme expliquent le sujet à partir des sources officielles.
Comment procéder, étape par étape
Avant de demander un devis
Préparez quelques éléments, qui servent aussi de critères pour établir le devis :
- Noter l'année de construction et les rénovations connues
- Lister les zones qui vous préoccupent : fenêtres, portes, radiateurs, cage d'escalier, arrivée d'eau
- Repérer les travaux prévus (ponçage, démolition, remplacement de fenêtres ou de conduites)
- Préciser le type de bâtiment, sa surface et le nombre de logements
- Indiquer si des parties communes sont concernées
- Prévenir la gérance ou la régie si vous êtes locataire
Le coût d'un diagnostic dépend de ces critères : type et surface du bâtiment, nombre de pièces ou de logements, année de construction, éléments à examiner, nombre de prélèvements et d'analyses, accès aux lieux et urgence d'un chantier prévu. Le devis est établi sur mesure, gratuitement et sans engagement.
Qui prend en charge ?
Les faits retenus sur cette page ne désignent pas qui supporte les frais d'un diagnostic. Dans un bâtiment loué ou en copropriété, la question se règle entre propriétaire, bailleur ou maître d'ouvrage, selon la situation et les textes applicables. Un spécialiste ou un juriste peut vous orienter ; nous ne tranchons pas ici.
Pour aller plus loin
Plusieurs outils du site vous aident à situer votre cas : mon bâtiment est-il concerné ? pose quelques questions sur l'âge et l'état de votre bien ; quel diagnostic pour mon projet ? oriente selon vos travaux. Pour comprendre la suite, la page comment ça marche décrit la mise en contact. Quand vous êtes prêt, la demande de devis est gratuite et sans engagement.
Questions fréquentes
Où trouve-t-on du plomb dans une maison ?
Les sources officielles citent surtout les peintures anciennes et les installations d'eau. Dans la maison, cela conduit à faire vérifier les fenêtres, les portes, les radiateurs, la cage d'escalier et l'arrivée d'eau. Seul un repérage sur place, parfois avec analyse de prélèvements, confirme la présence ou l'absence de plomb.
Peut-on voir à l'œil nu si une peinture contient du plomb ?
Non. L'apparence d'une peinture ne renseigne pas sur sa composition, et une couche récente peut recouvrir une couche plus ancienne. Il faut une mesure sur place ou une analyse. Évitez d'enlever la peinture pour « voir ».
Ma maison est-elle forcément concernée si elle est ancienne ?
Non, pas forcément. L'âge du bâtiment est un indice, pas une preuve. Les peintures au plomb à l'eau et à la colle sont interdites depuis 1926, et les peintures au plomb en général depuis 2005 selon la Suva et l'État de Genève. Un bâtiment construit ou repeint avant ces repères mérite une vérification, surtout avant des travaux.
Quelle est la valeur limite pour une peinture ?
L'ORRChim (annexe 2.8, état du 16 juillet 2026) fixe 0,01 % en masse, soit 100 mg/kg, pour les peintures. Pour les objets, l'annexe 2.16, chiffre 3ter, retient 0,05 %. Ces seuils s'appliquent aux produits, pas à une couche posée il y a longtemps.
Y a-t-il du plomb dans l'eau du robinet ?
Cela dépend de l'installation. La SSIGE indique que le plomb est interdit dans les conduites d'eau depuis 1904. L'OPBD fixe un maximum de 5 µg/l, avec une transition de 5 à 10 µg/l jusqu'au 31 janvier 2036. Pour savoir ce qu'il en est chez vous, il faut un repérage de l'installation et, au besoin, une mesure.
Comment mesure-t-on le plomb dans l'eau ?
Selon l'OSAV (explications du 19 juin 2026), la mesure se fait au robinet de l'installation domestique, sur un échantillon d'un litre, sans purge préalable. Le résultat se compare à la valeur de l'OPBD.
Faut-il remplacer une conduite en plomb ?
Nous n'avons trouvé aucune obligation de remplacer une conduite en plomb dans les sources consultées. L'OPBD fixe une valeur, et l'OSAV indique que la seule mesure prévue en cas de dépassement est de changer la robinetterie. Un spécialiste peut vous conseiller selon votre installation.
Où s'arrête le réseau public et où commence mon installation ?
L'OPBD (art. 2) définit le réseau comme allant jusqu'à l'interface avec les installations domestiques, qui comprennent les conduites internes, la robinetterie et l'amenée domestique. L'emplacement concret de cette interface n'est pas précisé : renseignez-vous auprès de votre distributeur d'eau et de votre gérance.
Puis-je poncer ou décaper moi-même une peinture suspecte ?
Les autorités déconseillent d'intervenir sur une peinture dont la composition n'est pas connue, car ces gestes produisent des poussières. Faites d'abord vérifier, puis décidez des travaux avec un professionnel.
Que faire si des enfants vivent dans le logement ?
Le canton de Genève recommande, sans que ce soit une obligation, de remettre rapidement en état les peintures fortement dégradées, même sous 500 µg/cm², lorsque des enfants de moins de sept ans y vivent. Pour toute question de santé, parlez-en à votre médecin traitant ou au médecin cantonal. Voir aussi la page enfants et plomb.
Un locataire peut-il demander un diagnostic ?
Un locataire peut signaler son souci à la gérance ou au bailleur par écrit, en datant sa demande. La décision de faire réaliser un diagnostic, et la répartition des frais, relèvent ensuite de la situation du bâtiment. Dans les parties communes, c'est la régie, la gérance ou la PPE qui décide.
Un diagnostic est-il utile avant des travaux ?
Oui, c'est le moment le plus pertinent. Savoir avant le chantier si des peintures ou des éléments contiennent du plomb permet de prévoir la méthode de travail et la protection des personnes. Le calendrier se prépare avec l'outil de calendrier de chantier.
Combien coûte un diagnostic plomb ?
Ce site n'affiche aucun prix. Le devis est établi sur mesure selon le type et la surface du bâtiment, le nombre de pièces ou de logements, l'année de construction, les éléments à examiner, le nombre de prélèvements et d'analyses, l'accès et l'urgence d'un chantier prévu. La demande est gratuite et sans engagement.
Sources
- OPBD, ordonnance sur l'eau potable (RS 817.022.11), état du 1er août 2026
- OPBD, art. 2 : définitions du réseau et des installations domestiques
- OSAV, explications sur l'OPBD (juillet 2026)
- ORRChim (RS 814.81), état du 16 juillet 2026
- SSIGE, questions fréquentes sur l'eau potable
- État de Genève, recommandations sur les peintures au plomb
- État de Neuchâtel, notice SENE sur le diagnostic du bâtiment
Pages voisines
Faire mesurer avant d’agir
Diagnostic Plomb transmet votre demande à une entreprise partenaire de votre région. Devis gratuit sur mesure, sans engagement. Pour recevoir un devis juste du premier coup, indiquez dans le formulaire :
- l’adresse et le canton du bâtiment ;
- son année de construction, si vous la connaissez ;
- les surfaces concernées (toute la maison, quelques pièces, une façade, une conduite) ;
- le but du diagnostic : chantier, démolition, vente, location, eau ;
- le délai souhaité, et si un chantier est déjà en cours ou à l’arrêt ;
- les contraintes d’accès : hauteur, local occupé, échafaudage.
Plus ces informations sont précises, moins l’entreprise aura de questions à poser. Le formulaire est le seul moyen de contact du site.