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Céruse et minium : comprendre les peintures anciennes au plomb

La céruse et le minium sont deux pigments au plomb que l'on retrouve dans les peintures anciennes. Voici ce qu'ils sont, où ils se cachent et que dit la règle aujourd'hui.

Mis à jour le 3 novembre 2026 · sources en fin de page

Guide
Pigments visés
Céruse (blanche) et minium (orange à rouge)
Teneur maximale des peintures
0,01 % en masse (100 mg/kg) (ORRChim, RS 814.81)
Interdiction des peintures au plomb
2005 (Suva, Genève) (Suva)
Illustration pour la page « accueil »
Photo d'illustration

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Vous avez entendu parler de « céruse » dans une vieille boiserie ou de « minium » sur une rambarde rouillée, et vous vous demandez si votre bâtiment est concerné ? Ces deux mots désignent des pigments à base de plomb, utilisés pendant très longtemps dans les peintures. Cette page explique ce qu'ils sont, où on les rencontre, ce que dit la règle fédérale et à quel moment un diagnostic réalisé par un spécialiste de votre région devient utile.

Le site ne réalise aucun diagnostic lui-même : il informe et vous met en contact avec un spécialiste. Pour une vue d'ensemble, la page Le plomb dans les bâtiments situe ce sujet parmi les autres sources possibles.

Ce que sont la céruse et le minium

Un pigment est la poudre colorée qui donne sa teinte à une peinture. Avant que les fabricants ne renoncent aux composés du plomb, ceux-ci servaient de matières premières courantes, parce qu'ils couvraient bien, séchaient correctement et protégeaient les supports.

La céruse, un pigment blanc

La céruse est un pigment blanc, aussi appelé blanc de plomb. On la trouvait dans les peintures claires, les fonds de boiseries, les enduits et certaines peintures de façade. Le mot est resté dans la langue des métiers de la peinture : on parle encore de « peinture à la céruse » pour une couche ancienne, souvent épaisse, parfois farineuse au toucher.

Le minium, un pigment orange à rouge

Le minium est un pigment orange à rouge. Il servait avant tout de sous-couche de protection contre la rouille sur le métal : charpentes métalliques, garde-corps, radiateurs, grilles, portes et volets en fer. On le retrouve souvent sous une couche de finition d'une autre couleur, ce qui le rend invisible à première vue.

D'autres pigments au plomb existent

La céruse et le minium sont les plus connus, mais ils ne sont pas les seuls. Certains pigments jaunes ou orangés contenaient eux aussi du plomb. C'est pourquoi la couleur seule ne permet jamais de conclure : seule une mesure, faite par un spécialiste, établit la présence de plomb dans une couche donnée.

Tableau des pigments au plomb anciens

Le tableau ci-dessous résume les repères de teinte et d'usage. Il décrit des habitudes générales du bâtiment ancien, pas une règle : chaque bâtiment a son histoire de rénovations.

Pigments au plomb anciens, teinte et usage habituel
Pigments au plomb anciens, teinte et usage habituel

Ce que dit la règle aujourd'hui

Les repères suivants viennent de sources officielles ; ils sont à lire dans leur contexte.

  • Les peintures à l'eau et à la colle. Selon l'OFSP et l'OSAV, les peintures au plomb à l'eau et à la colle sont interdites depuis 1926.
  • Les peintures au plomb en général. Selon la Suva et le canton de Genève, l'interdiction des peintures au plomb date de 2005.
  • La teneur maximale aujourd'hui. L'ordonnance sur la réduction des risques liés aux produits chimiques (ORRChim, RS 814.81, annexe 2.8) fixe la teneur maximale en plomb des peintures à 0,01 % en masse, soit 100 mg/kg. Pour les objets, la valeur est de 0,05 % en masse (annexe 2.16, chiffre 3ter).
  • Le calendrier. La Confédération indique un état de l'ordonnance au 16 juillet 2026, avec des versions futures prévues au 1er décembre 2026, puis au 1er janvier 2027. Il vaut la peine de vérifier la version en vigueur au moment de votre projet.

Ces dates ne disent pas si une couche précise de votre bâtiment contient du plomb. Une peinture posée avant ces interdictions et jamais enlevée peut très bien être toujours là, recouverte par plusieurs couches plus récentes. La règle encadre ce qui se fabrique et se vend ; elle ne retire pas les peintures déjà en place.

Ce que disent certains cantons

Les cantons peuvent préciser les choses dans des documents d'application ou des recommandations. Deux exemples, à ne pas confondre avec une obligation :

  • Le canton de Genève recommande une remise en état rapide des peintures fortement dégradées, y compris quand les mesures restent basses, lorsque des enfants en bas âge vivent dans le logement. Il s'agit d'une recommandation, pas d'une obligation.
  • Dans le canton de Neuchâtel, la notice du service de l'énergie et de l'environnement (SENE) précise la démarche pour les peintures d'avant 2006 : mesure par fluorescence X et tableau de concentrations par surface. Cette notice n'est pas une loi. Elle mentionne aussi des mesures de protection des travailleurs à partir d'un seuil de 0,5 mg/cm².

Chaque canton romand a ses propres documents : si vous êtes à Genève, Vaud, Valais, Fribourg ou dans le Jura, le spécialiste de votre région connaît les références locales.

Où chercher la céruse et le minium dans un bâtiment

Le plomb n'est pas partout. Il se trouve plutôt dans certains éléments, selon l'âge du bâtiment et l'historique des rénovations. Pour situer la question dans le temps, la page sur l'année de construction donne un autre angle.

Les boiseries, fenêtres et portes

Les cadres de fenêtres, les plinthes, les portes intérieures et les lambris ont souvent reçu plusieurs couches successives. La couche ancienne, peut-être à la céruse, se trouve alors sous les plus récentes. Les endroits qui frottent ou qui s'ouvrent (battues de fenêtres, dormants) sont ceux où la peinture s'use et où des poussières peuvent se former. Le sujet est détaillé dans la page fenêtres et boiseries.

Les éléments métalliques

C'est le terrain naturel du minium : garde-corps, escaliers de service, radiateurs en fonte, poutrelles, grilles de cave, balcons. Sous une peinture de finition, une couche orange ou rouge peut apparaître au moindre éclat.

Les murs, plafonds et façades

Des peintures murales anciennes, des décors de cages d'escalier ou des peintures de façade ont pu contenir de la céruse. Là encore, la teinte visible ne dit rien de ce qu'il y a dessous.

Les endroits que l'on oublie

Caves, combles, locaux techniques, anciennes dépendances : on y trouve des surfaces rarement repeintes, donc des couches anciennes conservées. Pour un tour d'horizon plus large, voyez où trouve-t-on du plomb dans une maison.

Pourquoi une peinture ancienne n'est pas forcément un problème

Une peinture au plomb intacte, bien adhérente et recouverte d'une couche saine ne pose pas les mêmes questions qu'une peinture qui s'écaille. C'est l'état de la surface et ce que l'on compte en faire qui comptent.

La situation devient plus sensible dans ces cas :

  • la peinture s'écaille, farine ou se détache en paillettes ;
  • des travaux sont prévus (ponçage, décapage, démolition, perçage répété) ;
  • la surface est facilement accessible à des enfants, par exemple un appui de fenêtre ou une porte basse ;
  • le bâtiment va changer de propriétaire ou de locataires, et vous souhaitez savoir à quoi vous en tenir.

Les autorités déconseillent de poncer, de brûler ou de décaper soi-même une peinture suspecte, car ces gestes dispersent des poussières. Sur ce point, mieux vaut s'en remettre aux consignes officielles et à un spécialiste. Les poussières font l'objet d'une page à part : poussières de plomb.

Comment savoir si une peinture contient du plomb

On ne peut pas le deviner à l'œil. Trois pistes aident à se faire une première idée, aucune ne remplace une mesure.

  1. L'âge du bâtiment et des peintures. Plus la peinture est ancienne, plus la question se pose.
  2. L'historique des travaux. Avez-vous des factures, un dossier de rénovation, un témoignage d'un ancien propriétaire ou d'une régie ?
  3. La mesure. Un spécialiste peut mesurer sur place, souvent par fluorescence X, ou prélever un échantillon qui part à l'analyse. La page comment reconnaître une peinture au plomb détaille ces approches.

Pour une première orientation, l'outil Mon bâtiment est-il concerné ? pose quelques questions simples sur votre situation.

Une checklist avant de contacter un spécialiste

  • Noter l'année de construction et les rénovations connues
  • Repérer les surfaces en mauvais état (écailles, farine, fissures)
  • Lister les travaux prévus et leur calendrier
  • Noter si des enfants ou une personne enceinte vivent dans le logement
  • Retrouver d'éventuels rapports ou factures de peinture
  • Ne rien poncer ni gratter avant l'avis d'un spécialiste

Santé : ce que le site peut et ne peut pas dire

Le site n'est pas un conseil médical. Le plomb peut s'accumuler dans l'organisme, et l'intoxication qui en résulte s'appelle le saturnisme. Pour comprendre le sujet, voyez saturnisme et plomb et santé. Pour toute question sur une personne en particulier, adressez-vous à votre médecin traitant ou au médecin cantonal : lui seul peut apprécier une situation individuelle.

Faire réaliser un diagnostic : ce qui fait varier le devis

Quand le doute persiste, ou quand des travaux approchent, le plus simple est de demander un devis gratuit et sans engagement. Nous vous mettons en contact avec un spécialiste du diagnostic de votre région. Il ne s'agit pas d'un chiffre que l'on peut annoncer à l'avance : le devis dépend de critères propres à votre bâtiment.

  • le type de bâtiment et sa surface à examiner ;
  • le nombre de pièces ou de logements, et les parties communes ;
  • l'année de construction ;
  • les éléments à examiner (boiseries, métal, murs, façade) ;
  • le nombre de mesures, de prélèvements et d'analyses ;
  • l'accès aux surfaces (hauteur, locaux fermés) ;
  • l'urgence d'un chantier déjà prévu.

Qui prend en charge le diagnostic dépend de la situation : propriétaire, bailleur ou maître d'ouvrage. Le détail de la démarche se trouve sur la page Comment ça marche, et vous pouvez directement demander un devis. Si un chantier est prévu, l'outil Calendrier de chantier aide à placer le diagnostic au bon moment, avant les travaux.

Pour aller plus loin

La céruse et le minium relèvent d'un sujet plus large, la peinture au plomb, qui explique aussi comment situer le risque et comment s'organise un diagnostic. Le plomb n'est d'ailleurs pas qu'une affaire de peinture : il peut aussi se trouver dans des conduites ou une robinetterie anciennes, un autre sujet à traiter séparément.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la céruse, concrètement ?

La céruse est un pigment blanc à base de plomb, aussi appelé blanc de plomb. Elle servait à fabriquer des peintures claires et des enduits. On la rencontre dans des couches anciennes de boiseries, de murs ou de façades, souvent recouvertes depuis par d'autres peintures.

Qu'est-ce que le minium ?

Le minium est un pigment orange à rouge contenant du plomb. Il était employé surtout comme sous-couche antirouille sur le métal : garde-corps, charpentes, radiateurs, grilles. On le découvre souvent quand la couche de finition s'écaille.

La céruse et le minium sont-ils interdits aujourd'hui ?

Les peintures au plomb sont interdites : selon l'OFSP et l'OSAV, celles à l'eau et à la colle depuis 1926, et selon la Suva et Genève, les peintures au plomb de façon générale depuis 2005. L'ORRChim fixe en outre la teneur maximale en plomb des peintures à 0,01 % en masse. Cela concerne ce qui se fabrique et se vend, pas les couches déjà posées.

Mon bâtiment est ancien : y a-t-il forcément du plomb ?

Non. Un bâtiment ancien peut contenir des peintures au plomb, mais cela dépend de ses rénovations, des produits utilisés et des couches conservées. Seule une mesure établit la présence de plomb. L'outil Mon bâtiment est-il concerné ? permet de s'orienter.

Peut-on reconnaître le minium à sa couleur ?

La teinte orange à rouge est un indice, pas une preuve. Une peinture de cette couleur n'est pas forcément au minium, et une couche au minium peut être cachée sous une autre teinte. Un spécialiste mesure pour confirmer.

Une peinture au plomb en bon état est-elle dangereuse ?

Les autorités ne la traitent pas comme une peinture qui s'écaille. Ce qui pose question, c'est l'usure, les poussières et les travaux. Une couche intacte et bien recouverte est surveillée ; dès que des travaux sont prévus, la question d'un diagnostic se pose avant de commencer.

Puis-je poncer ou décaper moi-même une vieille peinture ?

Les autorités le déconseillent quand la peinture est suspecte, car ces gestes produisent des poussières. Avant tout travail sur une peinture ancienne, mieux vaut faire vérifier la présence de plomb par un spécialiste.

Qui doit payer le diagnostic ?

Cela dépend de la situation : propriétaire, bailleur ou maître d'ouvrage, selon le cadre du bâtiment et du chantier. Le site n'annonce aucun montant ; le devis dépend des critères de votre bâtiment, et le spécialiste vous le présente gratuitement et sans engagement.

Comment un spécialiste vérifie-t-il la présence de plomb ?

Il peut mesurer directement sur la surface, par exemple par fluorescence X, comme le décrit la notice neuchâteloise pour les peintures d'avant 2006, ou prélever un échantillon qui est ensuite analysé en laboratoire. Pour le détail, voyez analyse en laboratoire.

Que faire si la peinture s'écaille dans un logement avec des enfants ?

Évitez de gratter ou d'aspirer à sec, et prévenez le propriétaire ou la régie. Genève recommande une remise en état rapide des peintures fortement dégradées dans ce cas. Pour toute question de santé, adressez-vous à votre médecin traitant ou au médecin cantonal.

Les règles sont-elles les mêmes dans tous les cantons romands ?

Le droit fédéral s'applique partout. Les cantons peuvent ajouter des recommandations ou des notices d'application, comme à Genève ou à Neuchâtel. Le spécialiste de votre région connaît les documents locaux.

Faut-il un diagnostic avant de rénover ?

Si vos travaux touchent des peintures anciennes (ponçage, décapage, démolition), faire vérifier la présence de plomb avant le chantier permet de prévoir les bonnes précautions. La page Après le diagnostic explique la suite possible.

Sources

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  1. l’adresse et le canton du bâtiment ;
  2. son année de construction, si vous la connaissez ;
  3. les surfaces concernées (toute la maison, quelques pièces, une façade, une conduite) ;
  4. le but du diagnostic : chantier, démolition, vente, location, eau ;
  5. le délai souhaité, et si un chantier est déjà en cours ou à l’arrêt ;
  6. les contraintes d’accès : hauteur, local occupé, échafaudage.

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