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Plomb dans les fenêtres et boiseries anciennes : où regarder

Dans un bâtiment ancien, les fenêtres, volets et boiseries ont souvent reçu plusieurs couches de peinture. Voici où le plomb peut se cacher et comment le faire vérifier.

Mis à jour le 3 novembre 2026 · sources en fin de page

Guide
Éléments visés
Fenêtres, volets, portes, plinthes, moulures
Teneur maximale des peintures
0.01 % en masse (100 mg/kg) (ORRChim)
VME du plomb en vigueur
100 µg/m³ (poussière inhalable) (Suva, EKAS)
Démarche
Diagnostic par un spécialiste, avant les travaux
Illustration pour la page « accueil »
Photo d'illustration

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Une fenêtre ancienne n'est pas seulement une ouverture dans un mur. C'est un ensemble de pièces de bois, de dormants, de battants, de volets et de cadres, repeints au fil des décennies. Si l'une des couches date d'une époque où l'on employait des peintures au plomb, l'embrasure devient un endroit où l'on peut retrouver ce métal. Cette page explique pourquoi, quelles surfaces comptent et comment faire vérifier la situation par un spécialiste.

Pourquoi les fenêtres et boiseries sont concernées

Les peintures au plomb ont longtemps servi à protéger et à décorer le bois et le métal. Selon l'OFSP et l'OSAV, les peintures au plomb à l'eau et à la colle sont interdites depuis 1926. Selon la Suva, et d'après l'indication reprise pour Genève, les peintures au plomb sont interdites depuis 2005. Entre ces deux repères, un bâtiment a pu recevoir des peintures contenant du plomb, puis être repeint par-dessus sans que l'on enlève l'ancienne couche.

C'est le point important : la couche ancienne n'a pas disparu. Elle se trouve sous les couches récentes, parfois invisibles à l'œil. Une fenêtre qui paraît saine, fraîchement blanchie, peut donc cacher une peinture plus ancienne.

Aujourd'hui, l'ORRChim fixe une teneur maximale en plomb des peintures de 0.01 % en masse, soit 100 mg/kg. Cette règle vise les produits qui se vendent maintenant. Elle ne dit rien de ce qui se trouve déjà sur vos boiseries : seule une analyse peut le dire. Pour situer l'époque de votre bâtiment, la page sur l'année de construction donne des repères utiles.

Une embrasure, plusieurs surfaces qui frottent

Le risque ne vient pas d'abord de la peinture intacte, qui reste en place. Il vient de ce qui la transforme en poussière : le frottement, l'usure, le choc, le décapage. Or une fenêtre est un objet qui bouge. Chaque ouverture et chaque fermeture fait glisser du bois contre du bois, ou du bois contre du métal.

Voici le schéma d'une embrasure et des endroits où ce frottement se produit.

Embrasure de fenêtre et surfaces qui frottent
Embrasure de fenêtre et surfaces qui frottent

Ce schéma est une illustration générale, pas le relevé d'un logement précis. Il montre une chose : les endroits qui travaillent le plus (la feuillure, la tranche du battant, les charnières) sont aussi ceux où la peinture s'use le plus vite.

La feuillure et la tranche du battant

La feuillure est la rainure dans laquelle le battant vient se loger. À chaque fermeture, les deux surfaces se touchent. Si la peinture est ancienne et sèche, elle peut s'écailler ou se réduire en fine poussière. Cette poussière tombe sur l'appui, puis sur le plancher.

L'appui et le seuil

L'appui de fenêtre reçoit la poussière, mais aussi les mains, les jouets, les chiffons. C'est un point de contact fréquent. Les autorités qui s'occupent du plomb dans l'habitat insistent sur le rôle des poussières : voyez la page sur les poussières de plomb pour comprendre d'où elles viennent.

Volets, portes et boiseries intérieures

Les volets extérieurs vivent sous la pluie et le soleil : la peinture s'y écaille et tombe au pied du mur. À l'intérieur, les plinthes, les cadres de porte, les lambris et les moulures ont souvent reçu la même peinture que les fenêtres. Le raisonnement vaut donc pour tout le bois peint d'un bâtiment ancien.

Ce que l'on ne fait pas soi-même

Face à une peinture écaillée, la tentation est de gratter, de poncer ou de décaper. C'est précisément ce qu'il faut éviter tant que l'on ne sait pas ce que contient la peinture. Poncer ou gratter produit de la poussière en grande quantité, et cette poussière se répand dans toute la pièce.

Les valeurs de référence pour l'air des lieux de travail montrent pourquoi la prudence s'impose. Selon la Suva et l'EKAS, la valeur limite d'exposition moyenne (VME) du plomb en vigueur est de 100 µg/m³ de poussière inhalable. La Suva a annoncé une VME de 30 µg/m³ et une valeur biologique de 150 µg/l de sang. Ces chiffres concernent les personnes exposées dans leur travail ; ils ne sont pas des seuils pour un logement et ils ne remplacent pas l'avis d'un médecin.

Un point de vigilance sur les sources : la Suva décrit des mesures très strictes pour le sablage de surfaces contenant du plomb, mais cette fiche concerne le sablage seulement. Elle ne doit pas se transposer au ponçage ou au décapage d'une boiserie. Au 03/11/2026, la page Suva sur les polluants du bâtiment ne présente pas de fiche dédiée au ponçage, au brûlage, à la soudure ou à la démolition avec plomb. Dans le doute, on fait examiner avant d'intervenir.

Quand demander un diagnostic

Le moment le plus utile est avant les travaux, pas après. Voici des situations typiques où il vaut la peine de s'interroger.

  • Vous envisagez de remplacer, de rénover ou de repeindre des fenêtres anciennes.
  • Vous voulez décaper des boiseries pour retrouver le bois.
  • Un bâtiment de votre parc date d'une époque où les peintures au plomb étaient courantes, et vous préparez une transformation.
  • Une régie ou une gérance doit remettre un logement en état entre deux locataires.
  • Une collectivité prévoit la rénovation d'une école, d'une salle communale ou d'un bâtiment public ancien.

Dans chacune de ces situations, un spécialiste peut repérer les éléments à examiner, prélever des échantillons de peinture et les envoyer à un laboratoire. Pour comprendre la démarche, consultez la page sur le diagnostic, puis celle sur l'analyse en laboratoire.

Comment reconnaître une peinture suspecte

Une inspection visuelle ne suffit pas : on ne reconnaît pas le plomb à la couleur. Certains signes orientent cependant, comme les couches multiples, l'aspect craquelé en « peau de crocodile » ou un écaillage qui laisse voir plusieurs teintes superposées. La page sur la reconnaissance d'une peinture au plomb détaille ces indices et leurs limites. Pour situer les pigments anciens, voyez aussi céruse et minium.

Une check-list avant d'agir

Cette liste vous aide à préparer la discussion avec un spécialiste.

  • Noter l'année de construction et les rénovations connues
  • Repérer les fenêtres, volets, portes et boiseries concernés par les travaux
  • Observer si la peinture s'écaille ou si de la poussière se dépose sur l'appui
  • Ne pas poncer, brûler ni décaper en attendant les résultats
  • Prévenir les occupants et les personnes qui interviendraient sur le chantier
  • Demander le diagnostic avant le début des travaux

Pour savoir si votre situation est concernée, l'outil Mon bâtiment est-il concerné ? pose quelques questions simples. Il ne remplace pas un diagnostic.

Faire réaliser le diagnostic

Le site ne réalise aucun diagnostic lui-même. Nous vous mettons en contact avec un spécialiste du diagnostic de votre région. Vous décrivez votre bâtiment et vos travaux prévus ; le spécialiste établit un devis gratuit sur mesure, sans engagement.

Le devis dépend de critères que vous pouvez préparer : le type et la surface du bâtiment, le nombre de pièces ou de logements, l'année de construction, le nombre de fenêtres et d'éléments en bois à examiner, le nombre de prélèvements et d'analyses, l'accès aux éléments et l'urgence d'un chantier prévu. Pour envoyer votre demande, rendez-vous sur la page demande de devis.

Si le diagnostic confirme la présence de plomb, la suite dépend du projet : laisser en place et surveiller, protéger ou assainir. La page après le diagnostic présente ces options.

Questions fréquentes

Les fenêtres récentes peuvent-elles contenir du plomb ?

Les fenêtres posées après l'interdiction des peintures au plomb sont moins concernées. L'ORRChim fixe une teneur maximale de 0.01 % en masse (100 mg/kg) pour les peintures. Une fenêtre récente peut toutefois être posée dans une embrasure ancienne dont les boiseries portent encore d'anciennes couches.

Une fenêtre repeinte récemment est-elle sans risque ?

Pas forcément. Une peinture récente peut recouvrir une couche ancienne. Tant que rien ne frotte ni ne s'écaille, la couche reste en place. Le sujet se pose surtout quand on veut poncer, décaper ou remplacer l'élément.

Peut-on reconnaître le plomb à l'œil nu ?

Non. Certains aspects, comme les couches multiples ou le craquelé, orientent, mais seule une analyse en laboratoire confirme la présence de plomb. Voyez la page sur la reconnaissance d'une peinture au plomb.

Pourquoi le frottement est-il le point sensible ?

Parce que l'ouverture et la fermeture d'une fenêtre usent la peinture aux endroits de contact, comme la feuillure, la tranche du battant et les charnières. L'usure produit une poussière fine qui se dépose sur l'appui et le sol.

Puis-je poncer moi-même mes boiseries anciennes ?

Mieux vaut s'en abstenir tant que l'on ignore ce que contient la peinture. Le ponçage répand de la poussière dans toute la pièce. Faites d'abord examiner la peinture, puis suivez les conseils du spécialiste.

Les valeurs de la Suva valent-elles pour mon logement ?

Non. La VME de 100 µg/m³ concerne l'exposition sur un lieu de travail, en moyenne sur huit heures. Elle n'est pas un seuil pour un logement. La Suva a aussi annoncé une VME de 30 µg/m³.

La fiche Suva sur le sablage s'applique-t-elle au ponçage d'une boiserie ?

Non. Cette fiche ne traite que du sablage de surfaces contenant du plomb, des HAP et des PCB. Elle ne doit pas être transposée au ponçage ni au décapage.

Mes enfants risquent-ils quelque chose si l'appui est poussiéreux ?

Cette page ne donne pas de conseil médical. Pour comprendre le sujet, lisez la page plomb et enfants. Pour toute inquiétude sur la santé, adressez-vous à votre médecin traitant ou au médecin cantonal.

Qui doit faire réaliser le diagnostic dans un immeuble loué ?

Cela dépend de la situation et des textes applicables. En règle générale, c'est le propriétaire, la régie ou le maître d'ouvrage qui s'occupe du bâtiment et des travaux. Si vous êtes locataire, informez la régie par écrit de ce que vous constatez.

Que contient la demande de devis ?

Vous décrivez le bâtiment, son année de construction, les éléments concernés et les travaux prévus. Le spécialiste de votre région établit alors un devis gratuit sur mesure, sans engagement.

Sources

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  1. l’adresse et le canton du bâtiment ;
  2. son année de construction, si vous la connaissez ;
  3. les surfaces concernées (toute la maison, quelques pièces, une façade, une conduite) ;
  4. le but du diagnostic : chantier, démolition, vente, location, eau ;
  5. le délai souhaité, et si un chantier est déjà en cours ou à l’arrêt ;
  6. les contraintes d’accès : hauteur, local occupé, échafaudage.

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