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Peinture au plomb : comprendre, situer et faire diagnostiquer

Dans un bâtiment ancien, une peinture peut contenir du plomb sous plusieurs couches récentes. Ce guide explique ce que dit la règle, où se situe la limite et comment faire poser un diagnostic.

Mis à jour le 3 novembre 2026 · sources en fin de page

Guide
Seuil légal des peintures
0,01 % en masse (100 mg/kg) (ORRChim, RS 814.81, annexe 2.8)
Seuil légal des objets
0,05 % en masse (ORRChim, RS 814.81, annexe 2.16 ch. 3ter)
Bâtiments visés
Bâtiments anciens, selon leur année de construction et leurs rénovations
Illustration pour la page « accueil »
Photo d'illustration

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Une peinture au plomb n'est pas toujours visible. Dans un logement ancien, elle se cache souvent sous des couches posées plus tard, sur une boiserie, une porte, un radiateur ou un mur. Cette page explique ce que l'on entend par « peinture au plomb », ce que prévoit la règle fédérale, ce que recommandent certains cantons romands, et comment organiser un diagnostic avant des travaux ou lors d'une vente ou d'une location.

Le site ne réalise aucun diagnostic lui-même : il explique et vous met en contact avec un spécialiste de votre région, après une demande de devis gratuite et sans engagement.

Ce que l'on appelle une peinture au plomb

Une peinture au plomb est une peinture dont la composition comprend du plomb, utilisé autrefois comme pigment ou comme additif. On la rencontre sur des supports très variés : bois, métal, plâtre, enduits. Le plomb n'est pas une couche à part : il est mélangé à la matière de la peinture elle-même.

Deux repères historiques sont à retenir, tels que les rapportent les autorités :

  • l'OFSP et l'OSAV indiquent que les peintures au plomb à l'eau et à la colle sont interdites depuis 1926 ;
  • la Suva, de même que l'État de Genève, indique que les peintures au plomb sont interdites depuis 2005.

Ces deux années ne disent pas la même chose. La première concerne un type de peinture précis, la seconde l'interdiction plus générale. Entre les deux, des peintures contenant du plomb ont pu être employées légalement. Une façade, une cage d'escalier ou une chambre repeinte pendant cette longue période peut donc en porter, sans que rien ne le signale à l'œil.

Pour situer plus précisément un type de pigment ancien, vous pouvez lire la page sur la céruse et le minium. Pour le repérage visuel et ses limites, voyez comment reconnaître une peinture au plomb.

Les couches d'un mur peint, de la plus ancienne à la plus récente

Un mur ou une boiserie ancienne a souvent été repeint plusieurs fois. Chaque rénovation ajoute une couche sans retirer la précédente. Le schéma ci-dessous montre cette superposition : la couche la plus ancienne se trouve contre le support, la plus récente en surface.

Coupe d'un mur peint, couche après couche
Coupe d'un mur peint, couche après couche

Ce que montre ce schéma explique deux choses importantes. D'abord, une surface d'aspect récent ne prouve pas l'absence de plomb en dessous. Ensuite, c'est le jour où l'on perce, ponce, gratte ou démolit que les couches anciennes redeviennent un sujet : tant que la peinture est intacte et fermée par des couches récentes, la situation est celle d'un matériau en place.

Ce que dit l'ordonnance fédérale

La règle fédérale figure dans l'ordonnance sur la réduction des risques liés aux produits chimiques (ORRChim, RS 814.81). Selon l'annexe 2.8, le seuil légal pour une peinture est de 0,01 % en masse, soit 100 mg/kg. Pour les objets, l'annexe 2.16 (chiffre 3ter) retient 0,05 % en masse.

Il faut lire ces valeurs pour ce qu'elles sont :

  • ce sont des teneurs maximales en plomb, exprimées en masse de matière ;
  • elles visent la composition d'un produit, peinture d'un côté, objet de l'autre ;
  • elles ne remplacent pas un diagnostic : elles ne disent pas si le mur de votre bâtiment contient du plomb.

L'état du texte consulté est celui du 16 juillet 2026. Des versions futures sont annoncées pour le 1er décembre 2026, puis pour le 1er janvier 2027. Si votre projet s'étend sur plusieurs mois, il vaut la peine de vérifier la version en vigueur à la date de vos travaux sur le site officiel de la Confédération, dont l'adresse figure en fin de page.

Pourquoi deux valeurs différentes

Le seuil de 0,01 % concerne la peinture, celui de 0,05 % les objets. Les deux se comparent à des teneurs en masse, mais elles ne s'appliquent pas à la même catégorie. Si vous hésitez sur la catégorie dans laquelle se range un élément de votre bâtiment, c'est l'une des questions à poser au spécialiste au moment du devis.

Ce que disent ou recommandent les cantons

Plusieurs cantons romands publient des documents d'aide. Leur valeur est variable : certains sont des recommandations, pas des obligations. Les faits ci-dessous sont repris tels que les cantons les présentent.

Genève

Le canton de Genève formule une recommandation, pas une obligation : remettre rapidement en état les peintures fortement dégradées, même lorsque la concentration de surface reste inférieure à 500 µg/cm², lorsque des enfants de moins de 7 ans vivent dans le logement. L'idée est simple : une peinture qui s'écaille ou se farine libère plus facilement des particules qu'une peinture intacte. Pour la suite de ce sujet, vous pouvez consulter la page sur les poussières de plomb et celle consacrée aux enfants et au plomb.

Neuchâtel

Le canton de Neuchâtel publie une notice du service de l'énergie et de l'environnement (SENE). Il s'agit d'une notice, pas d'une loi. Elle apporte des précisions pour les peintures d'avant 2006 : elle mentionne la fluorescence X, avec la raie K, ainsi qu'un tableau de concentrations surfaciques. Elle indique aussi que des mesures de protection des travailleurs s'appliquent dès 0,5 mg/cm².

Cette notice montre une chose utile pour un propriétaire : le diagnostic ne repose pas seulement sur le regard. Il mobilise des appareils de mesure et des tableaux de lecture, que seul un spécialiste manie correctement.

Les autres cantons couverts

Vaud, Valais, Fribourg et le Jura ne figurent pas dans les faits retenus pour cette page. Nous n'en tirons donc aucune règle propre. Pour votre commune, le spécialiste de votre région vous indiquera les documents cantonaux applicables à votre projet.

Quand une peinture au plomb devient un sujet

Une peinture intacte et laissée en place n'appelle pas forcément d'intervention immédiate. Elle devient un sujet dans quelques situations typiques :

  • des travaux prévus : rénovation, ponçage, démolition, remplacement de menuiseries ;
  • une peinture qui s'écaille, se fissure ou se transforme en poudre ;
  • l'achat ou la reprise d'un bâtiment ancien dont l'historique est mal connu ;
  • la présence d'enfants en bas âge dans un logement dont les peintures sont dégradées ;
  • la préparation d'un chantier où des ouvriers vont travailler au contact de surfaces anciennes.

Dans chacune de ces situations, la bonne question est la même : que contient la surface que j'ai devant moi ? Seule une mesure ou une analyse répond.

Ce que les autorités déconseillent

Poncer, brûler ou décaper soi-même une peinture suspecte ne fait pas partie des gestes à tenter. Ces opérations réduisent la peinture en poussière ou en fumée, et dispersent ce qu'elle contient dans l'air et sur les surfaces du logement. C'est la raison pour laquelle les autorités recommandent de faire d'abord identifier la nature de la peinture, puis de confier les travaux à des personnes équipées pour cela. Les mesures de protection des travailleurs évoquées par la notice neuchâteloise vont dans le même sens.

Comment se déroule un diagnostic

Un diagnostic de peinture suit en général un enchaînement simple, qui se retrouve dans la page le diagnostic :

  • vous décrivez le bâtiment : type, année de construction, rénovations connues, travaux envisagés ;
  • le spécialiste repère les surfaces à examiner et les mesure, notamment à l'aide d'un appareil à fluorescence X, ou prélève des échantillons ;
  • si des prélèvements sont faits, ils partent en analyse en laboratoire ;
  • vous recevez un rapport qui décrit ce qui a été trouvé et où ;
  • vous décidez de la suite avec lui, y compris l'assainissement si votre projet l'exige.

Pour comprendre comment le site fonctionne dans cette démarche, la page comment ça marche détaille les étapes de la mise en contact.

Ce qui fait varier un devis

Le site n'affiche aucun prix. La question du coût se traite par les critères que le spécialiste examinera avec vous :

  • le type et la surface du bâtiment ;
  • le nombre de pièces ou de logements ;
  • l'année de construction et les rénovations connues ;
  • les éléments à examiner : boiseries, murs, radiateurs, menuiseries ;
  • le nombre de mesures, de prélèvements et d'analyses ;
  • l'accès aux surfaces ;
  • l'urgence d'un chantier déjà prévu.

Plus votre description est précise, plus le devis est adapté à votre situation.

Préparer votre demande

Avant de contacter un spécialiste, quelques informations rendent la discussion plus utile :

  • Noter l'année de construction et les rénovations connues
  • Repérer les pièces concernées et les surfaces peintes à examiner
  • Lister les travaux prévus : ponçage, démolition, remplacement de portes ou de fenêtres
  • Noter si des enfants en bas âge vivent dans le logement
  • Rassembler les anciens rapports ou plans, s'ils existent
  • Faire la demande avant le début du chantier, pas pendant

Pour savoir si votre bâtiment est concerné, l'outil mon bâtiment est-il concerné ? vous oriente. Si vous avez un projet de travaux, quel diagnostic pour mon projet ? vous aide à choisir, et le calendrier de chantier vous aide à placer le diagnostic avant le début des travaux.

Peinture au plomb et santé

Le plomb peut entraîner une intoxication appelée saturnisme. Cette page n'a pas pour but d'en décrire les effets ni d'en dire plus sur un cas particulier : pour toute inquiétude sur votre santé ou celle d'un proche, adressez-vous à votre médecin traitant ou au médecin cantonal. Des explications générales se trouvent sur les pages consacrées à plomb et santé et au saturnisme.

Aller plus loin

Pour situer la peinture dans l'ensemble du bâtiment, les pages le plomb dans les bâtiments et où trouve-t-on du plomb dans une maison donnent la vue d'ensemble. Les pages sur l'année de construction et sur les fenêtres et boiseries traitent deux cas fréquents en rénovation.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une peinture au plomb ?

C'est une peinture dont la composition comprend du plomb, utilisé autrefois comme pigment ou additif. Le plomb est mélangé à la matière de la peinture ; il ne forme pas une couche séparée. On ne peut pas la distinguer d'une autre peinture à l'œil nu avec certitude.

Depuis quand les peintures au plomb sont-elles interdites ?

Selon l'OFSP et l'OSAV, les peintures au plomb à l'eau et à la colle sont interdites depuis 1926. Selon la Suva et l'État de Genève, les peintures au plomb sont interdites depuis 2005. Une peinture posée entre ces deux repères a donc pu contenir du plomb.

Quel est le seuil légal de plomb dans une peinture ?

L'ORRChim (RS 814.81, annexe 2.8) fixe la teneur maximale à 0,01 % en masse, soit 100 mg/kg. Pour les objets, la même ordonnance retient 0,05 % en masse (annexe 2.16, chiffre 3ter).

Ce seuil me dit-il si mon mur contient du plomb ?

Non. Il fixe une limite pour la composition d'une peinture ou d'un objet. Pour savoir ce que contient une surface précise de votre bâtiment, il faut une mesure ou une analyse, réalisée par un spécialiste.

La règle fédérale va-t-elle changer ?

Le texte consulté est celui du 16 juillet 2026. Des versions futures sont annoncées pour le 1er décembre 2026, puis pour le 1er janvier 2027. Vérifiez la version en vigueur à la date de vos travaux sur le site officiel de la Confédération.

Une peinture récente peut-elle cacher du plomb ?

Oui. Une peinture récente peut recouvrir des couches anciennes. Tant que l'ensemble reste intact, le plomb éventuel reste enfermé dans la matière ; il redevient un sujet lorsque l'on perce, ponce ou démolit.

Puis-je poncer ou décaper moi-même une peinture suspecte ?

Les autorités le déconseillent. Ces gestes réduisent la peinture en poussière ou en fumée et dispersent son contenu dans le logement. Mieux vaut faire identifier la peinture, puis confier les travaux à des personnes équipées.

Que recommande le canton de Genève ?

Genève recommande, sans l'imposer, de remettre rapidement en état les peintures fortement dégradées, même sous 500 µg/cm², lorsque des enfants de moins de 7 ans vivent dans le logement. C'est une recommandation, pas une obligation.

Que dit la notice de Neuchâtel ?

La notice du SENE n'est pas une loi. Elle précise, pour les peintures d'avant 2006, le recours à la fluorescence X (raie K) et un tableau de concentrations surfaciques. Elle indique des mesures de protection des travailleurs dès 0,5 mg/cm².

Comment faire diagnostiquer une peinture ?

Décrivez votre bâtiment et votre projet dans la demande de devis. Nous vous mettons en contact avec un spécialiste de votre région, qui réalise le repérage, les mesures ou les prélèvements, puis remet un rapport.

Qu'est-ce qui fait varier un devis de diagnostic ?

Le type et la surface du bâtiment, le nombre de pièces ou de logements, l'année de construction, les éléments à examiner, le nombre de prélèvements et d'analyses, l'accès et l'urgence d'un chantier prévu. Le site n'affiche aucun montant.

Que faire en cas d'inquiétude pour la santé ?

Adressez-vous à votre médecin traitant ou au médecin cantonal. Cette page ne donne aucun conseil médical et ne remplace pas un avis de santé.

Sources

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  1. l’adresse et le canton du bâtiment ;
  2. son année de construction, si vous la connaissez ;
  3. les surfaces concernées (toute la maison, quelques pièces, une façade, une conduite) ;
  4. le but du diagnostic : chantier, démolition, vente, location, eau ;
  5. le délai souhaité, et si un chantier est déjà en cours ou à l’arrêt ;
  6. les contraintes d’accès : hauteur, local occupé, échafaudage.

Plus ces informations sont précises, moins l’entreprise aura de questions à poser. Le formulaire est le seul moyen de contact du site.

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