Poncer une peinture au plomb à Genève : ce que prévoit la directive
Ponçage, sablage, grattage et décapage thermique libèrent des poussières ou des fumées lorsque la peinture contient du plomb. À Genève, une directive du SABRA encadre ces gestes sur les bâtiments d'avant 2006.
Mis à jour le 3 novembre 2026 · sources en fin de page
Guide- Canton
- Genève
- Bâtiments visés
- Construits avant 2006 (Directive SABRA)
- Gestes visés
- Ponçage, sablage, grattage, décapage thermique (Directive SABRA)
- Critère de décision
- 500 µg/cm² : annonce au SABRA (Directive SABRA)
- Niveau du texte
- Directive, pas une loi ; base légale précise non établie (Directive SABRA)

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Décrire mon bâtimentVous prévoyez de rénover une porte, un balcon, une cage d'escalier ou une façade dans un bâtiment genevois ancien, et la peinture existante doit partir ? Avant de choisir la méthode, une question se pose : cette peinture contient-elle du plomb ? À Genève, la réponse conditionne la manière de travailler, et même l'obligation de prévenir l'autorité avant de commencer.
Cette page explique ce que dit le texte genevois sur les gestes qui abîment la surface d'une peinture ancienne, pourquoi ces gestes sont particuliers, et comment s'y prendre sans improviser. Elle ne remplace ni la directive elle-même ni l'avis d'un spécialiste : elle aide à comprendre à quel moment un diagnostic devient nécessaire.
Les quatre gestes visés
La directive de l'État de Genève cite quatre gestes : le ponçage, le sablage, le grattage et le décapage thermique des peintures. Ce qu'ils ont en commun est simple : ils détachent la peinture de son support en la réduisant en poussière, en écailles fines ou en fumée. Un plomb qui était stable dans un film de peinture intact devient alors mobile, dans l'air du chantier comme sur les surfaces voisines.
Selon la directive de l'État de Genève, ces gestes concernent un bâtiment construit avant 2006. La règle s'applique avant tous travaux de ponçage, de sablage, de grattage ou de décapage thermique de peintures. Ce n'est donc pas la nature du bâtiment (maison, immeuble, bâtiment public) qui compte en premier, mais son année de construction et le geste envisagé.
Ce que la directive demande avant le chantier
Le texte genevois tient en une logique : on ne mène pas ces gestes sur une peinture ancienne sans savoir ce qu'elle contient. Pour un bâtiment construit avant 2006, il faut donc faire établir la teneur en plomb de la peinture avant les travaux.
Le critère de décision se lit en surface, et non en pourcentage : la directive du SABRA retient 500 µg/cm² (soit 0,5 mg/cm²). Au-dessus de cette valeur, une annonce au SABRA est requise avant les travaux, dans le délai que fixe la directive. Le détail de la démarche et le formulaire figurent sur la page consacrée à l'annonce au SABRA et sur celle du formulaire G01.
2006
Bâtiments visés, construits avant
Source: Directive SABRA, État de Genève
500 µg/cm²
Critère de décision surfacique
Source: Directive SABRA, État de Genève
Un texte de niveau directive
Il faut être précis sur la nature du document. Il s'agit d'une directive, et non d'une loi : le niveau du texte est celui d'une directive de l'administration genevoise, et la base légale exacte sur laquelle elle s'appuie n'est pas établie dans les faits dont dispose ce site. Cela ne la rend pas facultative pour autant sur le terrain, puisque c'est elle que le SABRA applique et sur laquelle il attend l'annonce. Mais il serait faux d'écrire qu'un article de loi précis impose telle ou telle étape. Cette page ne le fait pas.
Pour situer cette directive dans son ensemble, la page Directives SABRA la présente plus largement, et celle sur les bâtiments d'avant 2006 explique pourquoi cette année sert de repère.
Pourquoi ces gestes posent un problème particulier
Un film de peinture intact qui contient du plomb reste, en général, un film fermé. C'est lorsqu'on l'attaque que la situation change. Un ponçage produit une fine poussière, qui reste en suspension puis se dépose partout. Un décapage thermique produit des fumées. Un grattage détache des écailles qui tombent au sol, dans un jardin, sur un balcon.
Du côté de la protection des personnes qui travaillent, la valeur de référence est la valeur limite d'exposition à la moyenne (VME) du plomb. Selon l'EKAS et la Suva, la VME du plomb en vigueur est de 100 µg/m³ (poussière inhalable, moyenne sur huit heures). La Suva annonce par ailleurs une VME de 30 µg/m³. Ces chiffres concernent l'air respiré par les travailleurs : ils expliquent pourquoi un geste qui met la peinture en poussière ne se traite pas comme un simple travail de finition. La page sur la protection des travailleurs et celle sur la Suva et le plomb détaillent ce volet.
Le saturnisme (intoxication au plomb) est un sujet médical : si vous ou une personne de votre entourage avez un doute sur une exposition, adressez-vous à votre médecin traitant ou au médecin cantonal. Ce site n'a pas vocation à poser ni à discuter un diagnostic de santé.
Pourquoi on ne fait pas ces gestes soi-même, par précaution
Les autorités ne recommandent pas de poncer, de brûler ou de décaper soi-même une peinture dont on ignore la composition. La raison tient à ce qui précède : on ne sait pas ce que le geste va libérer, ni où cela va se déposer. Sans connaître la teneur de la peinture, on ne peut ni choisir la protection adaptée ni savoir si une annonce est nécessaire.
Cette page ne décrit donc pas de méthode à reproduire chez soi. Elle décrit ce que dit la règle et à quel moment faire appel à un spécialiste.
La peinture n'a pas toujours besoin d'être enlevée
La directive genevoise contient une recommandation qui tempère l'idée qu'il faudrait systématiquement tout retirer. Selon le texte de l'État de Genève (recommandation, et non obligation), le but n'est généralement pas de retirer la peinture, mais de la maintenir en bon état jusqu'à la démolition.
Concrètement, une peinture ancienne en bon état, qui ne s'écaille pas et que personne ne frotte, n'expose pas aux mêmes risques qu'une peinture que l'on décape. Avant de décider d'enlever quoi que ce soit, il est donc utile de se demander si l'enlèvement est vraiment nécessaire, ou si l'on peut se contenter d'entretenir la surface. Cette question se pose avec le spécialiste du diagnostic, qui connaît l'état réel des supports.
Étapes à suivre avant des travaux sur une peinture ancienne
- Situer le bâtiment. Si le bâtiment a été construit avant 2006 et que vous prévoyez l'un des quatre gestes, la directive est en jeu.
- Faire repérer les surfaces. Un spécialiste du diagnostic détermine où se trouvent les peintures concernées et lesquelles seront touchées par les travaux. Voir la page sur le diagnostic.
- Faire analyser les prélèvements. Les échantillons sont analysés en laboratoire, comme le décrit la page sur l'analyse en laboratoire.
- Comparer au critère. Le résultat est confronté au critère de décision genevois de 500 µg/cm².
- Annoncer et choisir la méthode. Si le critère est dépassé, l'annonce au SABRA précède les travaux, et la méthode se choisit avec le spécialiste.
Le diagnostic vient donc avant le geste, jamais après. C'est l'ordre inverse qui pose problème : une peinture poncée avant d'avoir été analysée ne peut plus être « dé-poncée ».
Le cas du sablage : une fiche de la Suva, à ne pas transposer
La Suva publie une fiche (état juillet 2026) consacrée au sablage sur les chantiers lorsque la peinture contient à la fois du plomb, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des PCB. Elle prévoit pour ce cas un air fourni selon la norme EN 14594 en classe 4B, une combinaison conforme à la norme EN ISO 14877 de type 3 et un sas à deux compartiments.
Attention : cette fiche vise le sablage seulement, dans un contexte de plusieurs polluants. Elle ne se transpose pas au ponçage, au grattage ou au décapage thermique. Chaque geste a ses propres exigences, qu'un spécialiste de la protection des travailleurs évalue au cas par cas. Quant à une fiche équivalente de la Suva pour le ponçage, le brûlage, la soudure ou la démolition avec du plomb : elle n'a pas été trouvée sur la page de la Suva consacrée aux polluants du bâtiment au 3 novembre 2026. Il ne faut donc pas la citer comme existante.
Les peintures au plomb : repères généraux
Pour comprendre pourquoi un bâtiment d'avant 2006 est concerné, deux repères suffisent. Selon l'OFSP et l'OSAV, les peintures au plomb à l'eau et à la colle sont interdites depuis 1926. Quant à la teneur en plomb des peintures, l'ORRChim la limite aujourd'hui à 0,01 % en masse (soit 100 mg/kg). Les peintures anciennes ne respectent pas forcément cette limite : c'est ce qui justifie de les analyser avant de les travailler.
Les pages interdiction de la peinture au plomb et teneur en plomb dans les peintures reprennent ces textes.
Et si l'on découvre du plomb en cours de chantier ?
Il arrive qu'une peinture ou un matériau ne soit identifié qu'une fois le chantier commencé. La démarche à suivre dans ce cas relève d'un autre cadre, présenté dans la page sur la découverte imprévue. En pratique, on arrête le geste en cours et on fait appel à un spécialiste avant de poursuivre.
Choisir l'entreprise et le bureau : des listes informatives
Le canton de Genève tient deux listes à titre informatif. La première recense des entreprises ayant suivi la formation du SABRA : elle est informative et ne garantit pas la qualité du travail. La seconde recense des bureaux équipés d'un appareil portable : elle n'est pas obligatoire non plus. Ce sont des recommandations, pas des obligations. Elles aident à s'orienter, mais ne dispensent ni de poser des questions ni de comparer les offres.
Ce qui fait varier un devis
Ce site ne publie aucun prix. La question du coût se traite par les critères du devis, que le spécialiste établit sur mesure.
À ces critères s'ajoutent le type de bâtiment, l'année de construction, le geste prévu et le nombre d'analyses. Nous vous mettons en contact avec un spécialiste du diagnostic de votre région, qui établit le devis, gratuit et sans engagement.
Avant de décider : une liste de contrôle
- Noter l'année de construction du bâtiment et les rénovations connues
- Préciser le geste prévu : ponçage, sablage, grattage ou décapage thermique
- Se demander si la peinture doit vraiment être enlevée
- Faire repérer et analyser les peintures avant tout chantier
- Vérifier si le critère de 500 µg/cm² est dépassé, et si une annonce au SABRA est requise
- Informer par écrit les occupants et les entreprises concernées
- Prévoir l'élimination des déchets du chantier
Pour ce dernier point, voir la page sur les déchets de chantier (OLED).
Questions fréquentes
Peut-on poncer une peinture ancienne à Genève ?
Tout dépend de ce qu'elle contient. Pour un bâtiment construit avant 2006, la directive genevoise demande de s'en préoccuper avant tous travaux de ponçage, de sablage, de grattage ou de décapage thermique. Un diagnostic précède donc le geste.
Qu'est-ce que le SABRA ?
C'est le service genevois qui applique la directive sur les polluants du bâtiment. C'est auprès de lui que l'annonce se fait lorsque le critère de décision est dépassé.
À partir de quelle valeur faut-il annoncer les travaux ?
La directive du SABRA retient un critère de 500 µg/cm² (0,5 mg/cm²). Au-dessus de cette valeur, une annonce au SABRA est requise avant les travaux.
La directive genevoise est-elle une loi ?
Non. C'est une directive. Sa base légale précise n'est pas établie dans les faits dont dispose ce site, et cette page n'attribue donc la règle à aucun article de loi.
Mon bâtiment date de 2010 : suis-je concerné ?
La directive vise les bâtiments construits avant 2006. Un bâtiment plus récent n'entre pas dans ce cadre, mais d'autres règles, notamment sur la protection des travailleurs, restent applicables.
Dois-je faire analyser la peinture si elle est en bon état ?
Si vous ne prévoyez aucun des quatre gestes, la directive n'exige rien de particulier. Selon l'État de Genève (recommandation), le but n'est généralement pas de retirer la peinture mais de la maintenir en bon état jusqu'à la démolition.
Pourquoi le décapage thermique est-il visé ?
Parce qu'il met la peinture en fumées et la détache de son support, comme les autres gestes la mettent en poussière ou en écailles. La directive le cite au même titre que le ponçage, le sablage et le grattage.
La fiche Suva sur le sablage s'applique-t-elle au ponçage ?
Non. Cette fiche vise le sablage, dans un contexte de plomb, de HAP et de PCB. Elle ne se transpose pas à un autre geste.
Quelle valeur limite protège les travailleurs ?
Selon l'EKAS et la Suva, la VME du plomb en vigueur est de 100 µg/m³ (poussière inhalable). La Suva en annonce une de 30 µg/m³.
Les listes du canton sont-elles obligatoires ?
Non. La liste des entreprises formées et celle des bureaux équipés d'un appareil portable sont informatives. Elles ne garantissent pas la qualité du travail.
Qui prend en charge le diagnostic ?
Les faits dont dispose ce site ne le précisent pas pour Genève. Le devis sur mesure indique ce qui est compris et qui le commande, en général le maître d'ouvrage.
Que faire si j'ai un doute sur ma santé ?
Adressez-vous à votre médecin traitant ou au médecin cantonal. Ce site ne donne aucun conseil médical.
Comment obtenir un devis ?
Demandez un devis gratuit, sans engagement : nous vous mettons en contact avec un spécialiste du diagnostic de votre région. D'autres cantons ont leurs propres règles, résumées sur la page Vaud, Valais, Fribourg, Jura.
Sources
- État de Genève, directive sur les polluants du bâtiment (SABRA) : https://www.ge.ch/document/11249/telecharger
- État de Genève, annexe de la directive (recommandations) : https://www.ge.ch/document/11249/annexe/file/52051
- État de Genève, liste informative des entreprises formées : https://www.ge.ch/document/5854/annexe/file/716716
- État de Genève, liste informative des bureaux équipés d'un appareil portable : https://www.ge.ch/document/5854/telecharger
- Suva, fiche sur les travaux de sablage sur les chantiers (état juillet 2026) : https://www.suva.ch/de-ch/download/factsheets/strahlarbeiten-auf-baustellen-sicher-ausfuehren/strahlarbeiten-auf-baustellen-sicher-ausfuehren--33116.d
- Suva, page sur les polluants du bâtiment (consultée le 3 novembre 2026) : https://www.suva.ch/de-ch/praevention/nach-gefahren/gefaehrliche-materialien-strahlungen-und-situationen/bauschadstoffe
- EKAS, communiqué n° 101 (VME du plomb) : https://www.ekas.admin.ch/fileadmin/Dokumente/Mitteilungsblatt/MB_101_EKAS_Mitteilungsblatt_101_Wer_zur_Sicherheit_im_Betrieb_beitraegt.pdf
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- son année de construction, si vous la connaissez ;
- les surfaces concernées (toute la maison, quelques pièces, une façade, une conduite) ;
- le but du diagnostic : chantier, démolition, vente, location, eau ;
- le délai souhaité, et si un chantier est déjà en cours ou à l’arrêt ;
- les contraintes d’accès : hauteur, local occupé, échafaudage.
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