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Protection des travailleurs face au plomb

Sur un chantier où le plomb peut être présent, la protection des travailleurs repose sur une valeur limite fixée par la Suva et sur des fiches de prévention. Voici ce que les sources disent, et ce qu'elles ne disent pas.

Mis à jour le 3 novembre 2026 · sources en fin de page

Guide
Qui fixe la valeur limite
La Suva (art. 50 al. 3 OPA) (OPA, RS 832.30)
Valeur en vigueur
100 µg/m³ de poussière inhalable (EKAS, Mitteilungsblatt 101)
Valeur annoncée
30 µg/m³, si possible au 1er janvier 2027 (non confirmée) (EKAS, Mitteilungsblatt 101)
Fiche Suva sur le sablage
Fiche 33116, état juillet 2026, pour le sablage seulement (Suva 33116)
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Ce que recouvre la protection des travailleurs

Quand un bâtiment ancien est transformé, rénové ou démoli, des personnes interviennent au contact des matériaux : peintres, démolisseurs, installateurs, maçons, employés d'entreprises de nettoyage. La protection de ces travailleurs est un volet à part entière de la règle sur le plomb. Il se distingue de deux autres volets que vous trouverez ailleurs sur ce site : le sort des déchets de chantier, traité sur la page consacrée à l'ordonnance sur les déchets, et l'obligation, ou non, de repérer les polluants avant des travaux, qui relève du cadre fédéral et cantonal.

Cette page répond à une question simple : que disent les sources officielles à propos de l'exposition des personnes qui travaillent, et où s'arrête ce qu'elles disent ? Elle ne remplace ni l'avis d'un spécialiste de la sécurité au travail, ni celui d'un médecin. Nous vous mettons en contact avec un spécialiste du diagnostic de votre région ; il ne réalise pas la protection de vos équipes à votre place, mais il fournit l'information dont l'employeur a besoin pour la prévoir.

Qui fixe la valeur limite d'exposition

En Suisse, les valeurs limites d'exposition sur le lieu de travail ne sont pas arrêtées par la loi sur le plomb : l'ordonnance sur la prévention des accidents et des maladies professionnelles (OPA, RS 832.30) confie cette tâche à la Suva. C'est l'article 50, alinéa 3, de l'OPA qui le prévoit. La Suva publie donc la valeur applicable au plomb.

Une précision utile, car elle évite une fausse piste : la page du Secrétariat d'État à l'économie (SECO) intitulée « Valeurs VME et VBT » ne mentionne pas le plomb. Si vous cherchez la valeur du plomb, ce n'est pas là qu'elle figure. Les deux sigles se lisent ainsi : VME pour la valeur moyenne d'exposition, mesurée dans l'air, et VBT pour la valeur biologique tolérable, qui concerne l'organisme.

Les valeurs à connaître

Selon la commission fédérale de coordination pour la sécurité au travail (EKAS), la valeur moyenne d'exposition du plomb actuellement en vigueur est de 100 µg/m³, exprimée pour la poussière inhalable. Une valeur moyenne signifie qu'elle se rapporte à une exposition mesurée sur une journée de travail, soit une moyenne sur 8 h.

La même source annonce une valeur plus basse : 30 µg/m³, « si possible » au 1er janvier 2027. Le texte consulté parle d'une intention, pas d'une décision publiée. Cette valeur est donc annoncée, pas confirmée comme adoptée. Tant qu'un texte officiel ne l'a pas remplacée, la valeur de référence reste celle en vigueur. Si vous planifiez un chantier à cheval sur cette échéance, demandez à la personne chargée de la sécurité de vérifier l'état du texte au moment des travaux.

100 µg/m³

VME du plomb en vigueur (poussière inhalable, moyenne 8 h)

Source: Suva, EKAS Mitteilungsblatt 101

30 µg/m³

VME du plomb annoncée, non confirmée comme adoptée

Source: EKAS Mitteilungsblatt 101

150 µg/l de sang

Valeur biologique du plomb annoncée par la Suva

Source: Suva

500 µg/cm²

Critère de décision surfacique, directive SABRA (Genève)

Source: Directive SABRA

Les repères à retenir

Surveillance médicale et poste de travail

L'OPA ne se contente pas de renvoyer à une valeur. Selon la brochure de la Suva de 2007, la Suva soumet à une surveillance médicale les entreprises dont l'exposition est jugée relevante (art. 70 OPA). Elle peut aussi écarter un travailleur du poste concerné (art. 78 OPA). Ces deux dispositions sont du ressort de la Suva : ce n'est ni à la régie, ni au propriétaire, ni au diagnostiqueur de les appliquer.

Ce que ces articles impliquent pour vous, en pratique, est surtout d'ordre organisationnel. Un employeur dont le personnel intervient sur des matériaux susceptibles de contenir du plomb a intérêt à savoir tôt si le plomb est présent, car la surveillance médicale et l'organisation du poste dépendent de cette connaissance.

Sur le plan de la santé, le site s'en tient à ce que disent les sources. La Suva annonce une valeur biologique du plomb de 150 µg/l de sang. Cette valeur sert aux médecins du travail pour suivre un groupe de travailleurs ; elle ne permet à personne, sur la base d'une page web, de poser un diagnostic sur un cas. Si vous vous interrogez sur votre propre situation, ou sur celle d'un collaborateur, parlez-en à votre médecin traitant. Les questions de santé publique relèvent, selon les cantons, du médecin cantonal.

Ce que dit la fiche Suva sur le sablage

La Suva a publié une fiche de prévention, numérotée 33116, sur les travaux de sablage sur les chantiers. Dans son état de juillet 2026, elle traite d'une situation précise : le sablage de surfaces qui contiennent à la fois du plomb, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des PCB. Pour ce cas, elle prévoit :

  • une protection respiratoire à air fourni, selon la norme EN 14594, classe 4B ;
  • une combinaison de protection selon la norme EN ISO 14877, type 3 ;
  • un sas à deux compartiments pour entrer et sortir de la zone de travail.

Ces trois éléments forment un ensemble. Ils répondent à un geste (projeter un abrasif sur une surface) et à une combinaison de polluants (plomb, HAP et PCB). C'est pourquoi la fiche ne se lit pas comme une liste d'équipements à choisir à la carte, ni comme une règle générale « pour le plomb ».

La limite essentielle : ne pas transposer au ponçage

Beaucoup de personnes, en lisant la fiche 33116, en tirent une règle générale : « avec du plomb, il faut de l'air fourni, une combinaison de type 3 et un sas ». La fiche ne dit pas cela. Elle vaut pour le sablage seulement et ne doit pas être transposée au ponçage.

La raison est méthodologique. Chaque geste produit des poussières ou des fumées différentes, en quantité et en nature. Une mesure de protection adaptée à l'un n'est pas automatiquement adaptée à l'autre, ni en plus ni en moins : un équipement trop léger expose, un dispositif disproportionné se détourne de son usage et finit par ne plus être respecté.

Pour les autres gestes, la situation est plus mince. À la date du 3 novembre 2026, la page de la Suva consacrée aux polluants du bâtiment (Bauschadstoffe) ne présente aucune fiche équivalente pour le ponçage, le brûlage, la soudure ou la démolition de parties contenant du plomb. Cela ne veut pas dire que ces gestes sont sans enjeu ni qu'aucune règle ne s'applique : cela veut dire que nous n'avons trouvé aucune fiche de la Suva qui les détaille, et que nous n'écrivons donc aucune liste de mesures à leur sujet.

Mesures documentées selon le geste
Mesures documentées selon le geste

Valeur dans l'air, valeur sur la surface : deux grandeurs différentes

Une confusion revient souvent : mélanger la valeur d'exposition de l'air, exprimée en µg/m³, et les seuils que les cantons appliquent à une surface peinte, exprimés en µg/cm² ou en mg/cm². Ce ne sont pas les mêmes grandeurs et elles ne se convertissent pas l'une en l'autre.

  • La valeur d'air (100 µg/m³ pour la poussière inhalable) décrit ce que respire une personne pendant son travail.
  • Les seuils de surface décrivent la quantité de plomb présente dans une couche de peinture ou de revêtement. Ils servent à décider ce qui est traité comme un matériau contenant du plomb.

À Genève, la directive du service de l'air, du bruit et des rayonnements non ionisants (SABRA) retient un critère de décision surfacique de 500 µg/cm², soit 0,5 mg/cm². Vous en trouverez le détail dans la page sur la directive SABRA. À Neuchâtel, la notice du service de l'énergie et de l'environnement (SENE) donne, sous le nom de valeur de protection des travailleurs, un seuil de 0.5 mg/cm². Le contexte neuchâtelois est expliqué sur la page dédiée au règlement RELConstr.

Les deux textes cantonaux utilisent donc, pour le même ordre de grandeur, des unités différentes. Quand vous comparez, ramenez toujours les valeurs à la même unité avant de conclure, et lisez la définition que chaque texte donne de sa valeur.

Dernière précision, utile pour lire un rapport : la directive SABRA tolère, pour la fluorescence X, une incertitude relative maximum de 50 %, pour les mesures comprises entre 0 et 1 mg/cm². Autrement dit, un résultat proche du seuil est à interpréter avec prudence, avec l'incertitude de l'appareil en tête. Il vaut mieux l'examiner avec la personne qui a réalisé la mesure que de le lire seul.

Pourquoi un diagnostic en amont sert aussi la protection

Le diagnostic n'est pas une mesure de protection des travailleurs. Mais il fournit ce dont l'employeur a besoin pour en décider : où se trouve le plomb, sur quelles surfaces, avec quelle teneur mesurée, et quels gestes le chantier prévoit sur ces éléments. Sans cette information, un chef de chantier agit sans savoir si ses équipes vont percer, poncer, découper ou démolir un matériau concerné.

Le déroulement type est exposé dans la page sur le diagnostic ; les échantillons qui partent en laboratoire font l'objet de la page sur l'analyse. Une fois les résultats connus, la suite se joue dans le chantier lui-même, ce que décrit la page sur l'assainissement.

Côté responsabilités, les sources fournies ne permettent pas d'écrire qui, du propriétaire, de la régie ou du maître d'ouvrage, doit commander tel ou tel contrôle dans chaque situation. Nous n'affirmons donc rien à ce sujet. Retenez surtout que la Suva s'adresse aux entreprises et que l'employeur de la personne qui intervient reste le premier interlocuteur de la Suva pour ce qui touche à son personnel.

Gestes à ne pas improviser

La tentation est forte, sur un petit chantier, de traiter soi-même une peinture ancienne. Sur le fond, la page consacrée aux techniques de ponçage, sablage, grattage et décapage à Genève explique ce que prévoit ce canton pour ces travaux. Sur la protection des personnes, la seule fiche documentée ici concerne le sablage, et avec un équipement qui n'est pas celui d'un amateur.

Retenez donc un principe de méthode : tant que vous ne savez pas si un matériau contient du plomb, et tant qu'aucune source officielle ne décrit le geste que vous prévoyez, ne l'improvisez pas. Faites établir la situation par un spécialiste.

Avant le chantier : préparer ce qu'il faut savoir

  • Noter l'année de construction du bâtiment et les rénovations connues
  • Lister les gestes prévus sur les éléments anciens (ponçage, brûlage, soudure, démolition, sablage)
  • Faire repérer le plomb avant le début des travaux et conserver le rapport
  • Demander à la personne chargée de la sécurité de vérifier la valeur d'exposition applicable à la date du chantier
  • Vérifier si la fiche Suva 33116 concerne bien le geste prévu, et ne pas la transposer à un autre
  • Signaler à l'employeur et à son médecin du travail les éléments connus sur le bâtiment

Ce qui fait varier le devis d'un diagnostic préalable

Ce site n'affiche aucun prix. Le devis d'un diagnostic dépend de critères que vous pouvez préparer : le type et la surface du bâtiment, le nombre de pièces ou de logements, l'année de construction, les éléments à examiner, le nombre de prélèvements et d'analyses, l'accès aux locaux et l'urgence d'un chantier prévu. En décrivant ces points, vous recevrez un devis gratuit, sur mesure et sans engagement, d'un spécialiste de votre région.

Questions fréquentes

Qui fixe la valeur limite d'exposition au plomb en Suisse ?

C'est la Suva. L'article 50, alinéa 3, de l'OPA lui confie la fixation des valeurs limites d'exposition. La page du SECO sur les valeurs VME et VBT ne mentionne pas le plomb, il ne faut donc pas la chercher là.

Quelle est la valeur moyenne d'exposition du plomb actuellement ?

Selon l'EKAS, la VME en vigueur est de 100 µg/m³ de poussière inhalable. Elle se rapporte à une moyenne sur 8 h de travail.

La valeur de 30 µg/m³ est-elle déjà applicable ?

Non, pas sur la base des sources consultées. L'EKAS l'annonce « si possible » pour le 1er janvier 2027, mais le texte ne la présente pas comme adoptée. Vérifiez l'état du texte à la date de votre chantier.

La fiche Suva 33116 s'applique-t-elle au ponçage ?

Non. Elle traite du sablage de surfaces qui contiennent du plomb, des HAP et des PCB (état juillet 2026). Elle ne doit pas être transposée au ponçage, qui est un geste différent.

Existe-t-il une fiche Suva pour le brûlage, la soudure ou la démolition ?

À la date du 3 novembre 2026, nous n'en avons pas trouvé sur la page de la Suva consacrée aux polluants du bâtiment. Cela ne signifie pas qu'aucune règle ne s'applique, seulement que cette page n'en présente pas. Le cadre du chantier se précise avec un spécialiste.

Que prévoit la fiche 33116 comme équipement ?

Pour le sablage, la fiche prévoit une protection respiratoire à air fourni selon EN 14594, classe 4B, une combinaison selon EN ISO 14877, type 3, et un sas à deux compartiments. Ces trois éléments valent ensemble, pour ce geste.

Qui décide de la surveillance médicale des travailleurs ?

D'après la brochure de la Suva de 2007, la Suva soumet à une surveillance médicale les entreprises dont l'exposition est relevante (art. 70 OPA) et peut écarter un travailleur du poste (art. 78 OPA). Ce n'est pas au propriétaire ou à la régie de la décider.

Que signifie la valeur de 150 µg/l de sang ?

C'est la valeur biologique du plomb annoncée par la Suva. Elle sert au suivi médical de groupes de travailleurs. Ce site ne l'interprète pas pour un cas particulier : pour toute question de santé, adressez-vous à votre médecin traitant, ou au médecin cantonal pour les questions de santé publique.

Peut-on comparer le seuil de Genève et celui de Neuchâtel ?

Les deux valeurs sont du même ordre : 500 µg/cm² selon la directive SABRA, soit 0,5 mg/cm², et 0.5 mg/cm² selon la notice SENE pour la protection des travailleurs. Leurs unités diffèrent, il faut donc les convertir avant de comparer, et lire la définition de chaque texte.

La valeur sur une surface et la valeur dans l'air sont-elles liées ?

Non, ce sont deux grandeurs différentes. La première décrit le plomb présent dans un revêtement, la seconde ce que respire une personne. L'une ne se déduit pas de l'autre.

Le diagnostic protège-t-il les travailleurs ?

Il ne les protège pas lui-même, mais il apporte l'information qui permet de prévoir les mesures : présence du plomb, localisation, teneur mesurée. Il se demande avant le chantier.

Sources

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