Logement ancien et plomb : les précautions du quotidien
Un logement ancien peut contenir du plomb dans ses peintures ou ses conduites. Voici les gestes simples du quotidien, ce que disent les sources officielles et le moment où faire appel à un spécialiste.
Mis à jour le 3 novembre 2026 · sources en fin de page
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Décrire mon bâtimentHabiter un appartement ou une maison d'un autre siècle est un plaisir pour beaucoup de gens : parquets, boiseries, moulures, robinetterie d'époque. Cet héritage a un revers que l'on connaît mal. Selon l'époque de construction et les rénovations passées, du plomb peut subsister dans d'anciennes peintures, dans certains éléments de plomberie ou dans la poussière qu'ils produisent en vieillissant.
Cette page ne vise pas à inquiéter. Elle explique, pour le quotidien, quelques habitudes de prudence, ce que les textes officiels disent de l'eau du robinet, et à quel moment il devient utile de faire examiner le bâtiment par un spécialiste. Elle ne remplace ni un diagnostic sur place, ni l'avis d'un médecin.
Ce que l'on sait, et ce que l'on ne sait pas
Un logement ancien n'est pas automatiquement un logement avec du plomb accessible. Le plomb d'une vieille peinture, recouvert depuis par plusieurs couches récentes, ne se comporte pas comme celui d'une peinture qui s'effrite sur un cadre de fenêtre. De même, une conduite d'eau en plomb ne se voit pas toujours : elle peut être cachée dans un mur, dans une dalle ou dans une cave.
Sans examen, personne ne peut dire ce que contient votre bâtiment. C'est pourquoi les gestes ci-dessous sont des précautions raisonnables, valables tant que la situation n'est pas établie. Ils ne constituent pas une preuve qu'un danger existe. Si vous voulez savoir où vous en êtes, l'outil Mon bâtiment est-il concerné ? permet de situer votre cas avant de demander un avis.
Les gestes du quotidien en un coup d'œil
Le schéma ci-dessous résume les trois situations que l'on rencontre le plus souvent dans un logement ancien et la prudence que l'on y associe.
Chacune de ces situations est détaillée dans les sections qui suivent.
Le nettoyage humide, premier réflexe
Dans un logement ancien, la poussière domestique est le premier vecteur à surveiller : si une peinture ancienne s'abîme, ses particules se mêlent à la poussière des sols, des rebords de fenêtres et des seuils de porte. Balayer à sec ou souffler la poussière la remet en suspension dans l'air que l'on respire.
C'est la raison pour laquelle on recommande en général le nettoyage humide :
- passer une serpillière ou un chiffon humide plutôt que de balayer ou de secouer un chiffon sec ;
- rincer régulièrement le chiffon, et le laver séparément après usage ;
- insister sur les rebords de fenêtres, les plinthes, les seuils et les angles, là où la poussière s'accumule ;
- se laver les mains après le ménage et avant les repas, surtout pour les enfants qui jouent au sol.
Ce sont des habitudes de bon sens, courantes dans les logements anciens. Elles ne demandent aucun matériel particulier. Si votre logement a connu des travaux récents, la question de la poussière laissée par un chantier relève d'une autre étape, traitée dans la page nettoyage après travaux.
Peinture écaillée : observer, ne pas gratter
Une peinture ancienne qui s'écaille, farine au toucher ou se détache en petites plaques mérite attention. Ce n'est pas forcément du plomb, mais on ne peut pas l'exclure sans examen quand le bâtiment est ancien.
Quelques principes de prudence :
- Ne pas poncer, brûler ni décaper soi-même une peinture suspecte. Ces gestes dégagent de la poussière ou des fumées fines que l'on respire et qui se déposent dans toute la pièce. C'est pour cette raison que les autorités déconseillent le travail à la main sur d'anciennes peintures, et que les travaux de ce type relèvent de professionnels équipés.
- Noter ce que l'on constate : où se trouve la zone abîmée, depuis quand, quelle étendue. Une photographie datée aide ensuite le spécialiste et la régie.
- Ne pas aspirer les écailles avec un aspirateur ordinaire, qui peut les réduire en poussière fine et la rejeter dans la pièce. Un chiffon humide, passé délicatement, est préférable pour ramasser ce qui est tombé.
- Éviter que de jeunes enfants n'accèdent à la zone abîmée tant qu'elle n'est pas traitée, par exemple en déplaçant un meuble ou en condamnant temporairement l'accès.
Selon la situation, une peinture en place et en bon état peut être maintenue telle quelle, recouverte ou retirée. Ces trois options sont présentées dans les pages sœurs : maintenir en bon état, recouvrir et retirer la peinture. Le choix dépend de l'état de la surface et du résultat du diagnostic, jamais d'une intuition.
L'eau du robinet dans un bâtiment ancien
Pour l'eau, le sujet est mieux documenté, parce que la règle fédérale est récente et précise.
Ce que dit la règle fédérale
L'ordonnance fédérale sur l'eau potable (OPBD, RS 817.022.11) fixe pour le plomb une valeur maximale de 5 µg/l. Un régime de transition de 5 à 10 µg/l s'applique jusqu'au 31 janvier 2036, et la disposition est en vigueur depuis le 1er août 2026. Elle prévoit que la mesure se fait aux points de prélèvement des installations domestiques.
Le texte distingue le réseau de distribution, qui va jusqu'à l'interface avec les installations domestiques, et les installations domestiques elles-mêmes : conduites internes, robinetterie et amenée domestique. L'emplacement concret de cette interface n'est pas précisé dans le texte. Dans un immeuble, la question de savoir qui est responsable de quelle partie de la conduite peut donc se poser. Elle se règle avec la régie ou la gérance, parfois avec le service des eaux de la commune.
Comment la mesure est faite
Selon les explications de l'OSAV du 19 juin 2026, le plomb dans l'eau potable se mesure au robinet de l'installation domestique, sur un échantillon d'un litre prélevé sans purge préalable. Cette précision compte : elle signifie que le résultat reflète l'eau telle qu'elle sort du robinet dans les conditions du prélèvement, et non une eau déjà renouvelée. Seule une mesure faite dans ces conditions permet de comparer à la valeur maximale.
Pour savoir comment se déroule une analyse, la page analyse en laboratoire présente la démarche, et l'outil Combien d'échantillons ? aide à se représenter l'ampleur d'un prélèvement. Pour lire un résultat, Lire les seuils explique les repères.
Pourquoi l'eau qui a stagné pose question
Une eau qui est restée dans une conduite ancienne ou dans une robinetterie qui contient du plomb peut s'en charger davantage qu'une eau qui circule. Les textes fournis par les autorités ne détaillent pas de geste de précaution à ce sujet : ils définissent une valeur à respecter et une façon de la mesurer. Il serait donc faux de présenter un geste personnel, comme laisser couler l'eau, comme une solution officielle ou comme une garantie.
Ce que l'on peut dire sans risque :
- une installation que l'on soupçonne d'être ancienne ne se juge pas à l'œil, seule une mesure répond ;
- la mesure se demande au propriétaire ou à la régie, ou se fait réaliser par un spécialiste, selon qui est responsable de l'installation ;
- une inquiétude concernant la santé d'une personne, en particulier d'un enfant ou d'une femme enceinte, relève du médecin traitant ou du médecin cantonal, pas d'une page d'information.
Quand a-t-on cessé de poser des conduites en plomb ?
Les repères historiques varient selon les sources. L'association des professionnels de l'eau (SSIGE) indique que le plomb est interdit dans les conduites d'eau depuis 1904. L'OFSP et l'OSAV donnent 1909. Une brochure genevoise note que les conduites d'arrivée en plomb ont disparu vers 2000. En 1986, une valeur maximale de 50 µg/l a été introduite pour le plomb dans l'eau, valeur bien plus élevée que celle d'aujourd'hui.
Ces dates ne disent pas ce que contient votre immeuble : une ancienne conduite a pu être remplacée, ou non, et une robinetterie a pu être changée sans que la conduite le soit. Elles montrent surtout que l'âge du bâtiment est un indice, jamais une réponse.
Faut-il remplacer sa conduite ?
L'OPBD fixe une valeur, elle n'impose pas, dans les textes consultés, le remplacement d'une conduite en plomb. L'OSAV indique que la seule mesure prévue en cas de dépassement est de changer la robinetterie. Toute obligation de remplacer une conduite n'a pas été retrouvée dans les sources. Pour la suite possible, voyez remplacer une conduite et changer la robinetterie.
Locataire, propriétaire, régie : qui fait quoi
Les gestes du quotidien relèvent de chacun. En revanche, une mesure d'eau, un diagnostic de peinture ou des travaux touchent le bâtiment, et l'on ne peut pas les décider seul quand on est locataire.
Pour un locataire, la démarche raisonnable consiste à :
- signaler par écrit à la régie ou au propriétaire ce que l'on a constaté, avec la date et si possible une photo ;
- demander si le bâtiment a déjà fait l'objet d'un diagnostic ou de rénovations, et lesquelles ;
- ne rien entreprendre soi-même sur les surfaces suspectes ou sur les conduites.
Pour un propriétaire ou une régie, il s'agit de savoir ce que l'on gère. Un bâtiment dont on ignore l'état est un bâtiment qui n'a pas été examiné. Le diagnostic décrit où se trouve le plomb, sous quelle forme et en quel état, et permet de décider avec des informations plutôt qu'avec des suppositions.
Si des travaux sont prévus, le diagnostic doit venir avant eux, jamais pendant : un chantier qui touche une peinture ou une conduite sans connaître son contenu expose les ouvriers, les occupants et le voisinage. Le calendrier se prépare avec l'outil Calendrier de chantier.
Votre check-list de précautions
Cette liste reprend l'essentiel de la page. Elle peut s'imprimer ou se garder dans le dossier du logement.
- Noter l'année de construction du bâtiment et les rénovations connues
- Passer un chiffon ou une serpillière humide plutôt que balayer à sec
- Se laver les mains après le ménage et avant les repas, surtout pour les enfants
- Ne pas poncer, brûler ni gratter une peinture ancienne qui s'écaille
- Photographier et dater toute zone abîmée, puis la signaler par écrit à la régie
- Demander si le bâtiment a déjà eu un diagnostic ou des conduites remplacées
- Demander une mesure du plomb dans l'eau si les conduites sont anciennes
- Faire réaliser le diagnostic avant tout chantier qui touche peintures ou conduites
Pour aller plus loin, Ma check-list permet de préparer le dossier à remettre au spécialiste.
Quand demander un diagnostic
Un diagnostic devient pertinent quand l'un des éléments suivants se présente : un doute sur l'âge ou la nature des peintures et des conduites, une peinture qui se dégrade, des travaux à venir, un changement de propriétaire ou la mise en location d'un logement ancien.
Nous vous mettons en contact avec un spécialiste du diagnostic de votre région. La demande de devis décrit votre bâtiment en quelques informations (type, année de construction, éléments à examiner) pour que le devis soit adapté à votre cas. Le déroulement est expliqué sur la page comment ça marche.
Questions fréquentes
Un logement ancien contient-il forcément du plomb ?
Non. Selon l'époque, les rénovations et la nature des matériaux, il peut y en avoir ou non, et sous des formes très différentes. Seul un examen sur place, avec prélèvements si nécessaire, permet de le savoir. L'âge du bâtiment est un indice, pas une preuve.
Le nettoyage humide suffit-il à me protéger ?
C'est une précaution simple et courante, qui évite de remettre la poussière en suspension. Elle ne remplace pas un diagnostic : si une peinture se dégrade ou si des travaux sont prévus, il faut faire examiner la situation.
Puis-je gratter ou poncer une vieille peinture pour la refaire ?
Non, tant que son contenu n'est pas connu. Poncer, brûler ou décaper produit de la poussière ou des fumées fines. Les autorités déconseillent ces gestes sur d'anciennes peintures suspectes. Faites d'abord examiner la surface, puis confiez les travaux à des professionnels si le diagnostic le justifie.
Que faire si la peinture s'écaille dans la chambre d'un enfant ?
Éviter que l'enfant n'accède à la zone, ne pas gratter, ramasser les écailles avec un chiffon humide, et signaler la situation par écrit à la régie ou au propriétaire. Pour tout souci de santé, adressez-vous à votre médecin traitant ou au médecin cantonal : cette page ne donne aucun avis médical.
Comment savoir si mes conduites d'eau sont en plomb ?
On ne le voit pas toujours. Les plans du bâtiment, la date de construction, l'historique des rénovations et un examen par un spécialiste donnent des indications. Une mesure au robinet indique, elle, la teneur de l'eau, pas la matière des conduites.
Quelle est la valeur maximale de plomb dans l'eau potable ?
L'OPBD fixe une valeur maximale de 5 µg/l, avec un régime de transition de 5 à 10 µg/l jusqu'au 31 janvier 2036. Ces règles sont en vigueur depuis le 1er août 2026.
Où mesure-t-on le plomb dans l'eau ?
Au robinet de l'installation domestique, sur un échantillon d'un litre prélevé sans purge, selon les explications de l'OSAV du 19 juin 2026.
Un laisser-couler de l'eau est-il une solution officielle ?
Les textes consultés ne prescrivent pas de geste de ce type. Ils fixent une valeur et une méthode de mesure. Ne comptez donc pas sur un geste personnel à la place d'une mesure.
Le propriétaire est-il obligé de remplacer une conduite en plomb ?
Les sources consultées ne fixent pas d'obligation de remplacer une conduite : l'OPBD définit une valeur, et l'OSAV mentionne, en cas de dépassement, le changement de la robinetterie. Pour votre situation, adressez-vous à votre régie ou à la gérance.
Depuis quand le plomb est-il interdit dans les conduites d'eau ?
Selon les sources, depuis 1904 (SSIGE) ou 1909 (OFSP et OSAV). Un immeuble plus récent peut donc aussi contenir d'anciens éléments en plomb s'ils ont été conservés ou réutilisés, ce que seul un examen établit.
Qui paie le diagnostic dans un logement loué ?
Les faits fournis ne tranchent pas ce point pour tous les cas. Le diagnostic touche le bâtiment : il se demande au propriétaire ou à la régie. Le devis dépend de critères comme le type et la surface du bâtiment, le nombre de logements, l'année de construction et le nombre de prélèvements.
Les travaux de rénovation changent-ils quelque chose ?
Oui. Un chantier qui touche d'anciennes peintures ou conduites doit être précédé d'un diagnostic, pour protéger ouvriers et occupants. Après le chantier, le nettoyage et le contrôle sont des étapes à part entière, décrites dans contrôle après travaux.
Sources
- Ordonnance sur l'eau potable (OPBD, RS 817.022.11), Fedlex : https://fedlex.data.admin.ch/filestore/fedlex.data.admin.ch/eli/cc/2017/153/20260801/fr/html/fedlex-data-admin-ch-eli-cc-2017-153-20260801-fr-html.html
- OSAV, Erläuterungen zur Trinkwasserverordnung, juillet 2026 : https://www.blv.admin.ch/dam/de/sd-web/mcHx9dIj-ZhZ/erlauterungen-tbdv-juli-2026-de.pdf
- SSIGE, questions fréquentes sur l'eau potable : https://www.svgw.ch/wasser/kommunikationstools/faq-trinkwasser/
Pages voisines
Faire mesurer avant d’agir
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- l’adresse et le canton du bâtiment ;
- son année de construction, si vous la connaissez ;
- les surfaces concernées (toute la maison, quelques pièces, une façade, une conduite) ;
- le but du diagnostic : chantier, démolition, vente, location, eau ;
- le délai souhaité, et si un chantier est déjà en cours ou à l’arrêt ;
- les contraintes d’accès : hauteur, local occupé, échafaudage.
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