Plomb en µg/cm² : que signifie cette unité sur un rapport ?
Un rapport de diagnostic exprime le plomb d'une peinture en microgrammes par centimètre carré. Voici ce que cette unité dit, comment la convertir et quels repères existent à Genève et à Neuchâtel.
Mis à jour le 3 novembre 2026 · sources en fin de page
Guide- Unité
- Quantité de plomb par surface de peinture
- Critère genevois
- 500 µg/cm² (= 0,5 mg/cm²) (Directive SABRA)
- Valeur neuchâteloise
- 0,5 mg/cm² (protection des travailleurs) (Notice SENE)
- Incertitude maximale tolérée
- 50 % d'incertitude relative, entre 0 et 1 mg/cm² (Directive SABRA)

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Décrire mon bâtimentCe que dit l'unité µg/cm²
Dans un rapport de diagnostic, le plomb d'une peinture ne s'exprime pas en pourcentage de la masse de la peinture, mais en quantité par surface. Le symbole « µg/cm² » se lit « microgramme par centimètre carré ». Il répond à une question simple : combien de plomb se trouve sous une surface donnée de paroi, tous les couches de peinture confondues ?
Cette façon de compter correspond à la manière dont l'appareil de mesure travaille. Il est posé contre la paroi, il « regarde » une petite zone et il estime la quantité de plomb présente sous cette zone. Le résultat est donc une valeur surfacique, liée à l'endroit mesuré, et non une teneur moyenne de la peinture.
Pour situer la place de cette valeur dans la démarche complète, vous pouvez lire la page sur le diagnostic plomb dans un bâtiment ou celle qui décrit le déroulement d'un diagnostic.
Décomposer le symbole
Le symbole se lit en trois morceaux.
- µ (micro) : un préfixe qui désigne une très petite fraction.
- g : le gramme, unité de masse.
- cm² : le centimètre carré, unité de surface.
Un microgramme est une fraction du milligramme. La conversion qui compte pour la lecture des textes romands vous est donnée par les sources officielles : le critère de décision de la directive SABRA, à Genève, est de 500 µg/cm², soit 0,5 mg/cm². Les deux écritures désignent la même valeur. Il suffit donc de repérer l'unité employée par le document que vous avez sous les yeux avant de le comparer à un autre.
Un rapport peut employer le µg/cm², un autre le mg/cm². Avant toute comparaison, ramenez les deux valeurs à la même unité.
Pourquoi parler de surface
Un diagnostic avant travaux cherche à savoir si une intervention sur une paroi peut libérer du plomb. Or ce qui se détache lors d'un ponçage ou d'un décapage dépend de la quantité de plomb qui recouvre la paroi. La quantité par surface est donc plus parlante, pour décider de mesures de protection, qu'une teneur moyenne dont on ne connaît pas l'épaisseur.
La valeur affichée dépend aussi de l'endroit choisi. Une porte, un mur de cuisine ou un radiateur peuvent porter des peintures d'âges et de compositions différents. C'est pourquoi le choix des emplacements compte : la page sur les points de mesure explique comment ils sont répartis dans un bâtiment.
Deux repères en Suisse romande
Les sources fournies donnent deux repères chiffrés, issus de deux cantons. Ils s'expriment dans la même unité une fois la conversion faite, mais ils ne servent pas au même usage.
Le premier repère est un critère de décision : à Genève, il déclenche une annonce. Le second est une valeur de protection des travailleurs : à Neuchâtel, il oriente les mesures de protection sur un chantier. Le fait que les deux valeurs soient égales une fois converties ne fait pas des deux textes une règle commune.
| Repère | Canton | Valeur | Rôle |
|---|---|---|---|
| Critère de décision | Genève | 500 µg/cm² | Annonce avant travaux |
| Protection des travailleurs | Neuchâtel | 0,5 mg/cm² | Mesures de protection |
À Genève : le critère de 500 µg/cm²
Selon la directive du SABRA, un bâtiment construit avant 2006 est concerné avant tous travaux de ponçage, de sablage, de grattage ou de décapage thermique de peintures. Lorsque la mesure dépasse 500 µg/cm², une annonce au SABRA est demandée au moins 24 heures avant le début des travaux.
Deux précisions importantes, d'après les sources fournies :
- il s'agit d'une directive, et non d'une loi ; la base légale précise n'est pas établie dans les faits dont dispose le site ;
- le but, selon les recommandations genevoises, n'est généralement pas de retirer la peinture, mais de la maintenir en bon état jusqu'à la démolition.
Un résultat sous le critère ne signifie donc pas « absence de plomb », et un résultat au-dessus ne signifie pas « retrait obligatoire ». Il indique la suite de la démarche pour le chantier prévu. La page sur le diagnostic avant travaux détaille ce moment.
À Neuchâtel : 0,5 mg/cm² pour les travailleurs
À Neuchâtel, la notice du SENE, qui n'est pas une loi, précise que les peintures d'avant 2006 sont concernées, que la mesure se fait par fluorescence X sur la raie K et que les résultats sont présentés dans un tableau de concentrations surfaciques. Les mesures de protection des travailleurs s'appliquent dès 0,5 mg/cm².
Par ailleurs, le règlement d'exécution (RELConstr, art. 8a) demande, pour une démolition ou une transformation importante soumise à permis de construire sur un immeuble construit avant 1994, un diagnostic de polluants joint à la demande. Ce diagnostic porte notamment sur la peinture au plomb. Le sujet est traité dans la page sur le diagnostic des polluants du bâtiment.
Le canton prévoit aussi un plan de gestion des déchets de chantier lorsque des polluants du bâtiment sont présents. Le plomb des peintures en fait partie.
Une valeur mesurée n'est jamais exacte
La directive SABRA tolère, pour la fluorescence X, une incertitude relative maximale de 50 % pour des mesures comprises entre 0 et 1 mg/cm². Cela signifie qu'une valeur affichée doit se lire avec sa marge. Un résultat proche du repère appelle de la prudence : il peut se situer de part et d'autre selon la marge d'incertitude.
C'est pourquoi un bon rapport indique, à côté de chaque valeur, la méthode employée et la façon dont l'incertitude est traitée. Pour aller plus loin, consultez la page sur la fiabilité d'une mesure de plomb dans la peinture et celle qui présente la fluorescence X.
Lire une ligne de résultat
Prenons un exemple fictif, uniquement pour l'illustration : une ligne de tableau indique « Cuisine, mur nord, couches multiples ». Elle donne ensuite une valeur en µg/cm², l'incertitude associée et la comparaison avec le repère. Pour lire cette ligne, procédez dans l'ordre :
- repérez l'unité, µg/cm² ou mg/cm² ;
- repérez l'emplacement : pièce, paroi, élément ;
- comparez la valeur au repère du canton concerné, en tenant compte de la marge ;
- lisez la conclusion du rapport sur la suite à donner.
Un exemple de lecture plus complet se trouve dans la page sur la lecture des résultats et dans celle consacrée au rapport.
Mesure surfacique et analyse en laboratoire
La valeur en µg/cm² vient d'un appareil portable posé sur la paroi. Quand un prélèvement de peinture est envoyé à un laboratoire, le résultat peut s'exprimer autrement, par exemple en fonction de la masse de l'échantillon. Les deux démarches se complètent et ne se comparent pas directement sans précaution. La page sur l'analyse en laboratoire explique cette autre voie.
À Genève, une liste informative recense des bureaux équipés d'un appareil portable ; elle n'est pas obligatoire. Une autre liste informative recense des entreprises formées, et elle ne garantit pas la qualité du travail.
Ce qui reste à retenir
-
Le µg/cm² est une quantité de plomb par surface de paroi.
-
Les repères cités dans les sources fournies valent chacun 500 µg/cm² (0,5 mg/cm²), mais ils n'ont pas la même fonction.
-
Chaque mesure porte une incertitude ; une valeur proche du repère se lit avec prudence.
-
Le rapport doit toujours préciser l'unité, l'emplacement et la méthode.
-
Noter l'unité employée par votre rapport
-
Repérer le canton du bâtiment et le repère qui s'y applique
-
Vérifier que l'incertitude de chaque mesure est indiquée
-
Demander au spécialiste la suite à donner avant le début du chantier
Si vous souhaitez faire réaliser un diagnostic, l'outil « Mon bâtiment est-il concerné ? » permet de situer votre cas, et la demande de devis vous met en contact avec un spécialiste de votre région.
Questions fréquentes
Que veut dire « µg/cm² » dans un rapport de plomb ?
C'est une quantité de plomb exprimée en microgrammes pour chaque centimètre carré de paroi examinée. Elle décrit ce qui se trouve sous la zone mesurée par l'appareil, et non une teneur moyenne de la peinture.
500 µg/cm² et 0,5 mg/cm², est-ce la même valeur ?
Oui. Les sources genevoises donnent le critère de décision de 500 µg/cm² comme équivalent à 0,5 mg/cm². Seule l'unité change. Veillez à comparer des valeurs écrites dans la même unité.
Que se passe-t-il à Genève au-dessus de 500 µg/cm² ?
Selon la directive du SABRA, une annonce au SABRA est demandée au moins 24 heures avant le début des travaux sur la peinture concernée. La directive vise les bâtiments construits avant 2006.
La valeur genevoise est-elle une loi ?
Non. Les faits fournis la présentent comme une directive. Ils précisent que la base légale précise n'est pas établie. Pour un projet concret, le spécialiste vous indiquera le texte applicable.
Que signifie 0,5 mg/cm² à Neuchâtel ?
D'après la notice du SENE, qui n'est pas une loi, des mesures de protection des travailleurs s'appliquent dès cette valeur. Elle concerne la sécurité sur un chantier, pas un seuil de retrait de la peinture.
Un résultat sous le repère veut-il dire qu'il n'y a pas de plomb ?
Non. Un résultat sous le repère indique seulement que ce repère n'est pas atteint à l'endroit mesuré. Le plomb peut être présent en plus faible quantité, ou ailleurs dans le bâtiment. Le rapport précise ce qui a été examiné.
Pourquoi les valeurs d'un même rapport varient-elles d'une pièce à l'autre ?
Les peintures n'ont pas toutes le même âge ni la même composition, et chaque emplacement a sa propre histoire de rénovation. Les points de mesure sont choisis pour couvrir cette diversité.
Quelle est la marge d'erreur d'une mesure par fluorescence X ?
La directive SABRA tolère une incertitude relative maximale de 50 % pour les mesures comprises entre 0 et 1 mg/cm². Une valeur proche du repère se lit donc avec cette marge.
Dois-je retirer une peinture au plomb si elle dépasse le repère ?
Pas forcément. Selon les recommandations genevoises, le but n'est généralement pas de retirer la peinture, mais de la maintenir en bon état jusqu'à la démolition. Ne poncez ni ne décapez jamais vous-même une peinture suspecte : demandez l'avis d'un spécialiste.
Qui peut m'aider à interpréter mon rapport ?
Le spécialiste qui a réalisé le diagnostic doit pouvoir expliquer chaque valeur. La page sur les personnes habilitées à faire le diagnostic indique ce qu'il faut savoir avant de vous adresser à lui. Pour toute question de santé, adressez-vous à votre médecin traitant ou au médecin cantonal.
Sources
- Directive SABRA, État de Genève : ge.ch, document 11249
- Recommandations genevoises sur la maintenance de la peinture : ge.ch, annexe 52051
- Liste informative des bureaux équipés d'un appareil portable : ge.ch, document 5854
- Liste informative des entreprises formées : ge.ch, annexe 716716
- Notice SENE, canton de Neuchâtel : ne.ch, modèle de diagnostic du bâtiment
- RELConstr, art. 8a, canton de Neuchâtel : rsn.ne.ch, RSN 720.1
- Plan de gestion des déchets de chantier, canton de Neuchâtel : ne.ch, fiche PGDC
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