Votre enfant a mangé une écaille de peinture : le parcours à suivre
Un enfant a mis à la bouche une écaille de peinture dans un logement ancien. Cette page explique dans quel ordre agir : d'abord le médecin, ensuite la mesure du plomb dans le logement par un spécialiste.
Mis à jour le 3 novembre 2026 · sources en fin de page
Guide
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Décrire mon bâtimentD'abord le médecin, ensuite le logement
Un jeune enfant explore avec la bouche. Dans un logement ancien, il arrive qu'il détache une écaille de peinture sur un cadre de fenêtre, une plinthe ou un radiateur et qu'il l'avale ou la mâchonne. Si vous lisez cette page, c'est probablement ce qui vient de se passer chez vous, chez un proche ou dans un logement que vous gérez.
Cette page ne donne aucun avis médical et ne remplace pas une consultation. Elle répond à une question pratique : dans quel ordre faire les choses ? La réponse tient en deux temps, qui ne se mélangent pas.
- La santé de l'enfant relève du médecin traitant ou du pédiatre. Lui seul peut apprécier la situation de votre enfant, décider d'un examen et vous dire quoi faire. Pour une question de santé publique, le médecin cantonal de votre canton est l'interlocuteur des autorités sanitaires.
- L'état du logement relève d'un spécialiste du diagnostic. Il repère les peintures qui peuvent contenir du plomb et fait analyser des prélèvements en laboratoire.
Le site met en relation : nous vous mettons en contact avec un spécialiste du diagnostic de votre région, qui réalise le repérage. Nous n'intervenons pas nous-mêmes dans le logement.
Ce qu'il faut savoir avant d'appeler
Pour que l'échange avec le médecin soit utile, il est pratique de noter quelques éléments, sans chercher à les interpréter vous-même :
- l'âge de l'enfant et ce qu'il a mis à la bouche ;
- l'endroit du logement d'où vient l'écaille (fenêtre, porte, escalier, mur) ;
- l'année de construction du bâtiment, si vous la connaissez ;
- le fait que la peinture soit abîmée à cet endroit depuis longtemps ou non.
Ces informations aident aussi le spécialiste du diagnostic par la suite. Vous n'avez pas besoin de savoir si la peinture contient du plomb : c'est précisément ce que le repérage établit.
Pourquoi on s'intéresse au plomb chez les petits enfants
Le plomb est un métal qui peut se trouver dans d'anciennes peintures. L'OFSP et l'OSAV indiquent que les peintures au plomb à l'eau et à la colle sont interdites depuis 1926. Un bâtiment plus ancien peut donc en porter des couches, parfois recouvertes de peintures plus récentes. Un bâtiment plus récent n'est pas pour autant exclu d'office : cela dépend des produits utilisés lors des rénovations.
Pour les petits enfants, l'OFSP relève que l'absorption digestive du plomb peut atteindre jusqu'à 50 %. C'est l'une des raisons pour lesquelles les autorités sanitaires portent une attention particulière à ce qu'un jeune enfant peut avaler, bien plus qu'à ce qu'un adulte pourrait ingérer.
Le saturnisme est le nom de l'intoxication au plomb. Savoir si un enfant est concerné, et à quel degré, est une question médicale. L'OMS mentionne un repère d'action de 5 µg/dL de sang (soit 50 µg/l) pour la plombémie, c'est-à-dire la concentration de plomb dans le sang. Ce repère sert aux professionnels de santé ; il ne s'applique pas à un cas particulier sans l'avis du médecin, et il n'est pas fait pour s'auto-évaluer.
Une remarque pour ne pas confondre : les valeurs biologiques publiées par l'EKAS visent les travailleurs exposés dans leur activité, pas les enfants. Elles ne répondent donc pas à la question que vous vous posez.
Que dit la règle sur le plomb dans les peintures ?
L'ordonnance fédérale sur la réduction des risques liés aux produits chimiques (ORRChim) fixe pour les peintures une teneur maximale en plomb de 0,01 % en masse, soit 100 mg/kg. Cette limite concerne les produits que l'on met aujourd'hui sur le marché ; elle ne dit rien de ce qui a été appliqué dans un bâtiment il y a des décennies.
Sur la déclaration des cas, l'ordonnance du DFI sur la déclaration d'observations cliniques (RS 818.101.126) ne nomme ni le plomb ni le saturnisme, selon son texte à l'état du 6 mai 2026. Il n'existe donc pas, dans ce texte, de démarche de déclaration propre au plomb que nous pourrions vous décrire. Pour toute question sur ce que le médecin transmet ou non, adressez-vous à lui ou au médecin cantonal.
Pour les logements, aucun fait officiel dont nous disposons ne fixe une obligation de mesure après l'ingestion d'une écaille. C'est pourquoi la démarche décrite ici reste une démarche de bon sens, pas une obligation légale.
Faire repérer le plomb dans le logement
Une fois le médecin consulté, la question suivante est celle du logement : d'autres endroits sont-ils concernés, et dans quel état sont les peintures ? C'est l'objet du diagnostic. Un spécialiste examine les surfaces concernées (cadres de fenêtres, boiseries, portes, rampes, radiateurs), prélève de petits échantillons de peinture et les envoie à un laboratoire. L'analyse en laboratoire donne une teneur, et le rapport situe les zones à traiter.
Le canton de Genève utilise un critère de décision surfacique de 500 µg/cm² (soit 0,5 mg/cm²), tiré de la directive SABRA. Dans une recommandation, et non une obligation, l'État de Genève indique en outre qu'une peinture fortement dégradée gagne à être remise en état rapidement, même sous 500 µg/cm², lorsque des enfants de moins de 7 ans vivent dans le logement. Ce type de recommandation montre bien ce qui compte ici : l'état de la peinture et la présence d'enfants, pas seulement une valeur.
Pour estimer si votre bâtiment peut être concerné avant même de contacter quelqu'un, l'outil Mon bâtiment est-il concerné ? pose quelques questions simples sur l'âge et la nature des travaux.
En attendant le repérage : ce qu'il vaut mieux ne pas faire
Face à une peinture qui s'écaille, le réflexe est de vouloir la gratter, la poncer ou la repeindre tout de suite. C'est justement ce que les autorités déconseillent : retirer à sec une ancienne peinture libère de fines poussières, bien plus faciles à avaler ou à respirer que l'écaille elle-même. Le sujet est détaillé sur la page ponçage et décapage, et celle sur les travaux faits soi-même explique pourquoi ce geste mérite un diagnostic préalable.
En pratique, cela veut dire de ne pas intervenir sur la zone, de ne pas aspirer les débris avec un appareil ménager ordinaire sans conseil, et de signaler la zone au propriétaire ou à la régie. Le spécialiste vous indiquera comment procéder une fois les surfaces connues.
Locataire, propriétaire ou régie : qui fait quoi
Si vous êtes locataire, informez par écrit la régie ou le propriétaire de l'état de la peinture et de l'incident, en gardant une trace de la date. La page sur le locataire et la peinture écaillée détaille cette démarche. Le propriétaire est celui qui décide du repérage et des travaux dans le bâtiment ; la demande de devis peut être faite par lui ou par la régie.
Si vous êtes propriétaire ou gérant, la demande de devis gratuit et sans engagement permet d'être mis en contact avec un spécialiste de votre région. Le devis dépend de critères que vous pouvez préparer : type et surface du bâtiment, nombre de pièces ou de logements, année de construction, éléments à examiner (fenêtres, boiseries, escaliers), nombre de prélèvements à analyser, accès aux lieux et urgence liée à la présence d'enfants. Aucun montant ne figure sur ce site.
Après le rapport, la suite relève de l'assainissement : selon l'état des surfaces, il peut s'agir d'une remise en état des peintures ou d'un traitement plus complet, à confier à des professionnels.
Check-list du parcours
- Contacter le médecin traitant ou le pédiatre et lui décrire l'incident
- Noter l'endroit d'où vient l'écaille et l'année de construction du bâtiment
- Ne pas poncer, gratter ni décaper la zone
- Informer par écrit le propriétaire ou la régie, avec la date
- Demander le repérage du plomb à un spécialiste de la région
- Conserver le rapport pour décider de la suite
Questions fréquentes
Mon enfant a avalé une écaille de peinture : que faire en premier ?
Contactez votre médecin traitant ou votre pédiatre et décrivez-lui ce qui s'est passé. Lui seul peut apprécier la situation de votre enfant et vous dire quoi faire. Le logement se traite ensuite, dans un second temps.
Cette page peut-elle me dire si mon enfant est intoxiqué ?
Non. Elle ne donne aucun avis médical et ne pose aucun diagnostic. Le saturnisme, c'est-à-dire l'intoxication au plomb, se juge par un médecin. Le médecin cantonal peut aussi renseigner sur les aspects de santé publique.
Toute vieille peinture contient-elle du plomb ?
Non. Une ancienne peinture peut en contenir, mais seul un prélèvement analysé en laboratoire l'établit. L'interdiction des peintures au plomb à l'eau et à la colle date de 1926 selon l'OFSP et l'OSAV, mais d'autres produits ont pu être employés par la suite, et des couches anciennes subsistent sous les récentes.
À quoi sert la plombémie citée par l'OMS ?
C'est un repère d'action de 5 µg/dL (50 µg/l) pour la concentration de plomb dans le sang. Il sert aux professionnels de santé. Son interprétation pour un enfant précis appartient au médecin, pas aux parents ni au propriétaire.
Pourquoi parle-t-on surtout des petits enfants ?
Selon l'OFSP, l'absorption digestive du plomb chez les petits enfants peut aller jusqu'à 50 %. Les jeunes enfants portent aussi plus souvent les objets et les surfaces à la bouche. Les autorités y sont donc particulièrement attentives.
Dois-je faire gratter et repeindre tout de suite ?
Non. Retirer à sec une ancienne peinture peut produire des poussières fines. Mieux vaut faire d'abord repérer le plomb, puis choisir la méthode avec le spécialiste. Les pages sur le ponçage et le décapage expliquent pourquoi.
Le médecin doit-il déclarer le cas ?
L'ordonnance du DFI sur la déclaration d'observations cliniques ne nomme ni le plomb ni le saturnisme, selon son texte à l'état du 6 mai 2026. Pour savoir ce qui est transmis dans votre situation, demandez au médecin ou au médecin cantonal.
Qui demande le diagnostic du logement ?
Le propriétaire ou la régie, puisqu'il s'agit du bâtiment. Un locataire peut leur écrire pour le demander et garder une trace de sa démarche. Ensuite, la demande de devis met en relation avec un spécialiste de la région.
Que contient le rapport du spécialiste ?
Il situe les surfaces examinées, les prélèvements effectués, les résultats d'analyse et l'état des peintures. Il aide à décider si une remise en état suffit ou si des travaux plus importants s'imposent. La page Comment ça marche décrit le déroulement général.
Combien coûte un repérage du plomb ?
Ce site n'affiche aucun prix. Le devis dépend de la surface, du nombre de logements ou de pièces, de l'année de construction, des éléments à examiner, du nombre de prélèvements, de l'accès et de l'urgence. La demande de devis est gratuite et sans engagement.
Sources
- Ordonnance du DFI sur la déclaration d'observations cliniques (RS 818.101.126), Fedlex
- Directive SABRA et recommandation, État de Genève
- Valeurs biologiques de tolérance, communication EKAS n° 101
- Ordonnance sur la protection de la maternité (RS 822.111.52), Fedlex
- Ordonnance sur les travaux dangereux pour les jeunes (RS 822.115.2), Fedlex
Faire mesurer avant d’agir
Diagnostic Plomb transmet votre demande à une entreprise partenaire de votre région. Devis gratuit sur mesure, sans engagement. Pour recevoir un devis juste du premier coup, indiquez dans le formulaire :
- l’adresse et le canton du bâtiment ;
- son année de construction, si vous la connaissez ;
- les surfaces concernées (toute la maison, quelques pièces, une façade, une conduite) ;
- le but du diagnostic : chantier, démolition, vente, location, eau ;
- le délai souhaité, et si un chantier est déjà en cours ou à l’arrêt ;
- les contraintes d’accès : hauteur, local occupé, échafaudage.
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